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Lors de la commémoration ce mercredi en France de la journée mondiale de la culture africaine (JMCA), Prof. Robert Dussey, le ministre togolais des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur a rendu hommage à des personnalités africaines qu’on ne cite pas tous les jours. C’était en présence des premiers responsables de l’UNESCO, notamment la Directrice générale, Audrey Azouley.
Il s’agit essentiellement de Cheikh Anta Diop et d’Amadou Hampate Ba. Deux personnalités pourtant très importantes, soigneusement oubliées aussi bien par les dirigeants africains qui feignent de les citer dans leurs discours et auxquelles les annales d’apprentissage n’accordent pas suffisamment de place dans les écoles et universités africaines.
La place de la culture dans la vie de l’homme
« Cet événement, dit le ministre, revêt un intérêt majeur pour nous peuples d’Afrique et des communautés afrodescendantes puisque nous demeurons convaincus suivant Cheikh Anta Diop que la culture reste le pilier essentiel de la renaissance africaine ».
Et d’ajouter qu’il n’y a pas de repères sans enracinement. « La culture est l’un des facteurs essentiels de la conduite humaine, qui permet aux sociétés humaines de s’orienter dans le monde actuel en proie à un risque de désorganisation sans précédent », a-t-il ajouté.
Il a appuyé ses propos avec les idées d’Amadou Hampate Ba qui déclarait en 1985 ceci : « la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. La beauté d’un tapis vient de la variété de ses couleurs ».
Dussey appelle l’humanité à aller à l’école africaine
Le ministre togolais est encore allé plus loin. Selon lui, l’humanité gagnerait en cohésion et pourra se réconcilier avec elle-même et la nature « en valorisant les perspectives africaines dans la compréhension et la résolution des grands défis de notre temps dans un mouvement d’ensemble et collectif ».
C’est ce qu’il appelle ‘africanité globale’. Et cette africanité, ajoutera le chef de la diplomatie togolaise, qui s’exprime au Bénin, au Brésil, en Haïti, en Jamaïque, en Barbade et autres, porte des valeurs positives de paix, de dialogue et d’acceptation mutuelle entre les peuples.
« Parce que l’un des traits caractéristiques de l’africanité c’est l’ouverture, l’africanité fait corps avec l’altérité ; elle n’est pas enfermement de soi dans une identité close et isolante, mais une façon d’être soi et avec les autres », a-t-il marqué, tout en soulignant que l’africanité oppose au ‘je pense donc je suis’ cartésien le ‘je pense parce que l’autre est’ et le ‘je pense parce que nous sommes’.
Il faut dire que ce n’est pas tous les jours qu’on entend ce grand discours aux allures des réflexions faites par Cheikh Anta Diop, Amadou Hampate Ba, Théophile Obenga, Molefi Kete Asante et bien d’autres. La grande question qui se pose à la suite de ce grand discours est ‘pourquoi continue-t-on de réciter les Voltaire, Montesquieu et autres blancs à longueur de journée dans les foras internationaux et dans nos écoles et universités ?’.
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