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Ce mercredi 25 mars 2026, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a décidé de faire de la traite des Africains, le ‘crime le plus grave contre l’humanité’. C’est au travers d’une résolution portée par le Ghana au nom du groupe des Etats d’Afrique, qui a recueilli 123 voix ‘pour’ venant des pays africains, de la Chine, de Haïti, du Brésil, du Cuba, de l’Iran, de la Russie entre autres. Les Etats-Unis, l’Israël et l’Argentine ont voté contre cette résolution.
52 pays dont ceux d’Europe, notamment la Belgique, le Danemark, la Grèce, la Finlande, la France, l’Italie, le Portugal, l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume Uni ont choisi de s’abstenir. C’est le cas aussi du Japon, un pays d’Asie.
La position américaine et la réserve européenne, 2 positions tristement célèbres
La résolution déclare que « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage radicalisé des Africains sont les plus graves crimes contre l’humanité ». Elle ajoute qu’il importe de « remédier aux torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine ».
Le tableau qui récapitule tout sur ce vote
Cette résolution, il faut le dire, est le fruit de plusieurs mois de consultations et de recherche de consensus menées par des instances continentales, des nations, des experts, des universitaires et des juristes.
Alors, pourquoi les Etats-Unis, grands bénéficiaires de ce crime, s’opposent à cette décision fondée sur une histoire vraie, celle de l’Afrique dont les hommes et même parfois des femmes ont été déportés par millions ? Pourquoi les pays de l’Europe qui ont été les premiers acteurs de ce crime, se cachent derrière cette réserve (abstention) ?
Il faut d’une part préciser que ce que certains ont pendant longtemps renié sur les médias dits internationaux, est aujourd’hui reconnu au niveau international.
D’autre part, officiellement, les pays qui ont voté contre cette résolution parlent de droit de prudence et de refus de hiérarchiser les crimes.
Mais, c’est un secret de polichinelle, tout le monde sait que les enjeux sont beaucoup plus profonds. D’abord, les réparations. Qualifier un crime de plus grave, c’est ouvrir la porte à des demandes d’indemnisations colossales.
Ensuite, plus sensible encore derrière ce refus de reconnaître ce crime, il y a le sujet de la mémoire. En France et en occident, la référence principale quand on parle de crime contre l’humanité, reste la Shoah qui désigne la persécution et l’extermination systématiques et bureaucratiques d’environ 6 millions de Juifs par le régime nazi et ses collaborateurs. Commencée en 1941, ce crime n’a duré que 3 ans. Et on voit bien plusieurs chefs d’Etat des pays européens se prêter au jeu de la commémoration de ce triste souvenir.
Finalement, comment reconnaître le sérieux de l’occident qui admet la Shoah et refuse d’admettre qu’il y a plus grave lorsque, pendant plus de 400 ans, jour pour jour, des millions d’êtres humains ont été arrachés à l’Afrique, mis aux fers et déportés vers le Nouveau monde pour y trimer dans les champs de coton ainsi que dans les plantations de canne à sucre et de café, sous une chaleur accablante et le claquement du fouet ?
En tout état de cause, cette nouvelle résolution onusienne redistribue les cartes et admet désormais une nouvelle réalité historique, éducative et culturelle. Cette décision vient remettre les pendules à l’heure. Elle place l’esclavage transatlantique au sommet de la hiérarchie des crimes.
Cette occasion doit sérieusement être prise en compte par les pays africains et surtout les médias africains.
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