mardi, juillet 28, 2026
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    Nouvel an africain : les jours heureux du calendrier grégorien sont comptés

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    Si l’Afrique avait une identité et une conscience historique, elle aurait célébré, comme la communauté kamite, son 6262è année, montrant qu’elle est le berceau de l’humanité et à l’origine de la civilisation humaine et de toutes les sciences. Malheureusement, elle n’a pas encore fini de se définir suivant le calendrier grégorien qu’on lui a imposé lors de la colonisation. Va-t-on ainsi vers la fin des jours heureux pour le calendrier grégorien en Afrique ? Tout porte à croire.
    A l’initiative du Togo, l’Afrique va vers la fin de ce triste positionnement, dans un monde où toutes les communautés se définissent suivant leur histoire.
    Par un communiqué en date de ce mardi 24 février, le ministre togolais des affaires étrangères appelle à des réflexions en vue de la proposition de dates de célébration des fêtes africaines, en particulier la date du Nouvel an africain.
    « Dans un contexte contemporain marqué par la bascule de l’ordre mondial et par l’émergence progressive d’un ordre multipolaire qui érige, entre autres, le respect de la diversité comme socle d’équilibre du monde et moteur d’une prospérité partagée, et où l’Afrique cherche à s’affirmer comme une puissance autonome, il devient impératif pour l’Afrique de réhabiliter son système historique de découpage du temps et de fixation des fêtes traditionnelles et de ses dates clé, y compris le Nouvel an africain », écrit Robert Dussey.
    Selon le document ministériel, cette initiative répond aux attentes profondes des peuples africains de voir leur continent s’affirmer comme une puissance autonome qui s’autoréférence et définit sa propre voie de développement.
    A ceux qui penseraient que l’utilisation d’un calendrier, quel qu’il soit, ne fait rien à une communauté comme l’Afrique, le ministre togolais répond : comme les frontières linéaires qui ont divisé le continent, le calendrier grégorien ignore les rythmes endogènes et les cycles naturels ou culturels consacrés qui définissent intrinsèquement l’identité africaine. Mieux, ajoute-t-il, la célébration de fêtes, de dates et d’événements essentiellement étrangers à l’univers culturel et symbolique africain, « fait de l’Afrique le miroir perpétuel d’un monde dont les codes sont inconnus de ses populations, et le théâtre d’un intense échange inter-civilisationnel où son identité et ses particularismes culturels sont sciemment ignorés ».
    En effet, dans plusieurs pays africains qui se disent laïcs, notamment les pays francophones, une dizaine de jours est fériée pour le compte des célébrations des religions importées tandis que les fêtes africaines ne trouvent aucun jour férié à mettre sous la dent. Le Bénin, depuis les années 90 et le Burkina Faso récemment, font honneur à l’Afrique occidentale à ce propos, en consacrant des fêtes traditionnelles touchant aux rites africains.
    Pour consacrer ces nouvelles dates africaines, le ministère togolais des affaires étrangères se propose d’organiser prochainement un colloque international sur cette thématique à Lomé, et dont les conclusions et recommandations seront transmises à la Commission de l’Union africaine, afin de faire l’objet d’une décision et d’une mise en œuvre subséquente.
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