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Activée par la loi Faso Bu Kaore adoptée en janvier 2026 et son texte d’application du 7 mai dernier, la justice coutumière burkinabè produit déjà des résultats enviables. C’est le cas par exemple d’un litige foncier entre 2 familles à Gaoua, un département et une commune urbaine de la province de Poni, situé dans la région du Djôrô.
En effet, il s’agit d’une affaire foncière qui, une fois devant le juge coutumier de Gaoua, a connu un dénouement facile. Un litige dans lequel un notaire a précédemment peiné à jouer les médiateurs et à trouver une solution amiable.
‘La terre ne ment pas’
Voici ce qu’en dit Sa Majesté Bifaté II, chef de canton de Gaoua : « Entre-temps, ils (les 2 familles, ndlr) ne se sont pas entendus là-bas (devant le notaire, ndlr). Chacun disait qu’on veut le forcer. Je leur ai dit qu’ici chez nous, il n’y a pas de force, puisque la terre ne ment pas. Nous ne pouvons pas savoir pour qui elle est cette terre. On a mis dans une calebasse de l’eau et on a demandé à chaque représentant des 2 familles de boire si elle est sûre que la terre querellée lui appartient ».
Ce petit rituel a permis de dénouer ce litige foncier. L’une des 2 parties en conflit a refusé de boire l’eau de la calebasse.
Que contenait l’eau qui était dans la calebasse? Comment devrait-elle résoudre cet épineux problème? Selon le chef canton, la partie qui n’a pas bu l’eau sait que la terre ne lui appartient pas. Et si elle se hasardait à boire de l’eau qu’on lui a présentée, de désastreuses conséquences s’en suivront. « Il sait que s’il boit cette terre, cela ne va pas aller. Il sait que s’il boit cette terre, c’est fini. Il a donc refusé », a précisé le chef de canton.
A Gaoua, l’eau contenue dans la calebasse est le dernier recours après les négociations infructueuses. Ce rituel ancestral permet toujours de départager les 2 parties en conflit.
L’Afrique doit revenir à ses valeurs ancestrales
Si cette affaire était traitée devant le système judiciaire moderne, la preuve étant la rançon du droit, même la partie qui sait pertinemment que la terre ne lui appartenait pas, peut l’emporter. A la seule condition de réunir les preuves jugées ‘bonnes’. Autrement dit, il peut arriver que cette justice ne conduise pas vraiment à dire le droit.
Le plus grave, une fois sorties de ces litiges conduits par des juges du système judiciaire hérité du colonialisme et que les pays africains ‘indépendants’ continuent de chérir comme une victoire à la Pyrrhus, les parties en conflit, qu’elles soient membres d’une même famille, des amis inséparables ou des collaborateurs, deviennent du coup des ennemis jurés. Ainsi va la société africaine d’aujourd’hui!
Si l’Afrique revenait à ses valeurs et institutions ancestrales comme le cas de ce rituel utilisé à Gaoua, en justice comme dans l’administration et les autres pans de la société, on ne parlerait plus de détournements de deniers publics, de mensonges d’Etat, d’hypocrisie et de méchanceté.
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