mardi, juillet 28, 2026
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    Togo : FCIL et FODDET, bras dessus bras dessous pour juguler le mariage précoce

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    Depuis mercredi à Tsévié (35 km au nord de Lomé), une vingtaine de défenseurs des droits de l’enfant réfléchissent à la question du mariage précoce, un phénomène qui prend de l’ampleur au Togo. C’est à l’initiative du Forum des organisations de défense des droits de l’enfant au Togo (FODDET) avec le concours financier du Fonds canadien pour les initiatives locales (FCIL).  A terme, c’est de voir supprimer du code de l’enfant 2 dispositions qui balisent la voie au mariage précoce.

    Cette activité fait partie du ‘projet de renforcement et de plaidoyer des acteurs de protection de droits de l’enfant pour le changement des articles favorables au mariage des enfants dans le code de l’enfant au Togo’.

    Dès l’entame des travaux, le président du conseil d’administration du FODDET, Kofi Tchègnon Kpenkpa, a fait savoir que l’objectif de cette rencontre de Tsévié, c’est d’échanger avec les acteurs de défense des droits de l’enfant sur les techniques de plaidoyer et le suivi des droits de l’enfant au Togo.

    Selon Ghislain Aledji, Secrétaire exécutif du Forum, le phénomène de mariage précoce prend de plus en plus d’ampleur. « Si dans les villes on a tendance à ne pas observer ce phénomène, dans les campagnes les plus reculées, il y a beaucoup de mariages dans lesquels des conjoints mineurs ou des hommes adultes se permettent de contracter des liens conjugaux avec des filles mineures. Des garçons sont aussi concernés mais la plupart du temps, cela concerne les filles. Une situation due par rapport à la position sociale des hommes ou aux aides qu’ils apportent à la famille des filles mineures », a-t-il lancé.

    Avec cet atelier, a-t-il poursuivi, il s’agit de préparer le plaidoyer pour que l’article 21 du code de l’enfant soit revu. Cette disposition dispose : « tout enfant étranger qui épouse un Togolais ou une Togolaise peut acquérir la nationalité togolaise ». Or, l’article 267 alinéa 1 dit que le mariage des enfants est interdit et que l’âge de la nuptialité est fixé à 18 ans révolus.

    Le plaidoyer prend aussi en compte l’alinéa 2 du même article qui dispose : « le président du tribunal de première instance peut accorder des dispenses aux enfants des 2 sexes âgés de 16 ans révolus pour motifs sérieux ».

    « Ces 2 articles ont été dénoncés en 2012 par le Comité des droits de l’enfant suite à la présentation des rapports du Togo sur l’application des droits de l’enfant au Togo. C’est cette aubaine que nous avons saisie pour pouvoir faire le plaidoyer afin que l’article 21 du code de l’enfant soit suspendu et que l’alinéa 2 de l’article 267 du même code soit revu. Nous voudrions qu’on s’attarde sur l’alinéa 1 de l’article 267 qui dit que l’âge de la nuptialité est fixé à 18 ans révolus », note M. Aledji.

    Ce plaidoyer, selon les informations, sera le lieu de travailler aussi bien avec les préfets et les maires ainsi que les leaders religieux pour l’application de l’alinéa 1 de l’article 267 du code de l’enfant sur toute l’étendue du territoire. Aussi, ce plaidoyer doit-il aller au niveau du gouvernement en vue de la suppression de l’article 21 et de la revue de l’alinéa 2 de l’article 267 du code de l’enfant.

    Pour FODDET, les enfants doivent jouir de leur droit de grandir avant de contracter mariage.

    Cette activité de Tsévié voit le jour après la mise en place des comités régionaux dans chacune des 6 régions du Togo. Tous les participants se disent aguerris et prêts à s’attaquer à la pratique du mariage précoce. D’autres activités sont inscrites au cœur de ce projet à savoir l’appui à l’initiative des activités génératrices de revenu (AGR).

    Il faut rappeler que plusieurs rapports ont déjà fait cas de la pratique de mariage précoce. Ainsi, l’enquête MICS 2010 révélait que les taux de mariage avant 15 et 18 ans sont plus élevés en milieu rural qu’en milieu urbain. En mars 2012, un autre rapport disait que le taux de mariage précoce est plus élevé dans la région de la Kara et la préfecture de Vo.  

    Le projet dont il est question a une durée de 5 mois et prend fin en février 2022. Il a une envergure nationale.

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