« Avant, quand il pleut, c’est l’eau de ruissèlement que nous étions obligées de puiser et attendre qu’elle s’apaise avant consommation. En saison pluvieuse, il n’y avait pas d’eau. Il faut se lever à 2 heures et faire 7 km pour aller chercher de l’eau dans le Haho. Jusqu’à ce que nous ne revenions, les enfants sont souvent en retard pour l’école. Certaines femmes en chemin sont souvent mordues par le serpent. Des maladies hydriques et surtout le ver de guinée, n’en parlons pas ».
Ce cri de cœur est le quotidien des femmes vivant dans les confins du Togo. Afiwa N’sougan, une femme habitant le village de Mélia à 5 km à l’ouest de Notsé (90 km au nord de Lomé), n’est pas prête à oublier ce passé difficile. D’autres comme elle vivant à Avovo, Assizorkopé et Djakpata-copé ne diront pas le contraire.
Mais, tous ces villages reculés de Notsé ont heureusement, depuis un an pour certains et quelques mois pour d’autres, un forage qui débite de l’eau potable, incolore et inodore. Et c’est grâce à l’association 1-2-3 Action. Cette organisation suisse a extraordinairement en un an, réalisé 28 forages dans les villages de Notsé mettant ainsi fin au calvaire, surtout des femmes.
« Ce que cette association nous a fait est incommensurable. Nos difficultés liées à l’eau potable ont disparu. Nous ne pouvons que les remercier. Depuis que nous avons ce forage, tous nos problèmes sont partis. Aujourd’hui, on peut se lever à 8 heures. Avec 25 francs CFA, on peut aller puiser deux bassines d’eau potable qui se trouve à proximité », a chanté à cœur joie ce lundi Afiwa N’sougan à Global Actu, lors d’une visite de presse.
A Avovokopé qui se trouve à des kilomètres au nord-est de Notsé, lorsqu’Akossiwa Akpabia se rappelle encore qu’elle ne trouvait mieux que de l’eau boueuse ou celle dans laquelle les bœufs ont déjà fait leur besoin, savoir depuis quelques mois qu’elle a de l’eau potable à côté de sa maison et à satiété, elle ne peut s’empêcher de remercier Dieu pour avoir conduit l’association 1-2-3 Action vers son village natal.
Une gestion locale qui ne trompe pas
Dans chaque village où est implanté un forage par 1-2-3 Action, un comité de gestion est mis en place. Il a pour rôle de vendre l’eau et de mettre de l’argent de côté, pour d’éventuels problèmes qui se poseraient au forage.
A Avovokpé, Délali Guné est la trésorière. « Depuis que nous avons cette eau, aucun problème ne s’est encore posé. Tous les jours que Dieu fait, nous trouvons de l’eau. Il arrive même que nous en vendions à crédit pour des riverains qui n’ont pas d’argent pour s’en procurer. Nous avons un compte à Notsé sur lequel l’argent produit par la pompe est déposé », a-t-elle souligné.
Selon elle, sur le compte actuellement, il y a une somme de 50.000 francs CFA. « Ce n’est que le début, l’aventure continue », a-t-elle ajouté.
Ce projet de réalisation de forage fait en partenariat avec le Premier ministre togolais, Komi Sélom Klassou, natif du milieu, suit toujours son cours dans la localité. D’autres villages bénéficieront bientôt de leur point d’eau potable et dire adieu aux difficultés liées à l’eau.
Des problèmes, il en existe encore
« Le petit problème qui se pose, c’est que les fermes environnantes s’intéressent à notre pompe. Leurs habitants trouvent de l’eau de qualité chez nous, ce qui fait que nous sommes à présent nombreux pour ce forage », dira Agbémébia Bloukoutou, président du Comité villageois de développement (CVD) de Mélia.
Ceci est un petit problème puisque tout compte fait, l’eau potable est garantie pour ces populations. Aujourd’hui, les problèmes qui subsistent selon les femmes ont pour nom l’absence de collège et de dispensaire. Les populations de ces localités invitent d’autres bonnes volontés à suivre les pas de l’association donatrice de forages.







