mercredi, août 12, 2026
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    ‘On ne copie pas la science d’autrui, on copie sa technicité’, dit un chef traditionnel

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    L’Afrique, avec ses 300.000 ans d’histoire, n’est pas que le berceau de l’humanité. Elle est aussi le berceau de la science, dit Songkogl-Naaba Kâoongo. Ce chef traditionnel burkinabè recommande à l’Afrique de sortir du modèle d’école qu’on lui impose et d’abandonner la modernité tueuse dans laquelle elle baigne.
    Intervenant il y a quelques jours dans l’émission ‘Au-delà de l’écorce’ sur la chaîne burkinabè BF1, ce Naaba n’est pas passé par 4 chemins pour dire que l’Africain d’aujourd’hui, qui passe par tous les moyens pour copier la science occidentale, est complètement perdu. Pour lui, les fils et filles du ‘berceau de la science’, doivent rouvrir rapidement les yeux.
    Le berceau de la science
    Et pour prouver que l’Afrique est le berceau de la science, il est remonté dans l’histoire pour donner des exemples précis. Il a d’abord fait cas des théories politique, économique et juridique des grands empires, de la construction des pyramides et des premiers châteaux forts. L’intellectuel culturel a fait savoir que lorsque l’empereur malien Aboubakar 2 faisait une navigation aux Amériques, on était 180 ans avant l’expédition de Christophe Colomb.
    Les premiers foyers scientifiques, note-t-il, ont été découverts en Afrique. Il cite pêle-mêle la découverte de la pierre de Blombos datant de -80.000. Un artéfact qui démontre que les Africains connaissaient la triangulation. Il a aussi fait allusion à des choses qu’on voit tous les jours sans y prêter une attention particulière, notamment la symétrie radiale des tresses africaines qui donnent des formes géométriques, la symétrie axiale des motifs et des designs des tissus africains qui viennent des toits et des murs des pyramides de Kemet (ancienne Egypte).
    Quant à la découverte dans les années 1950 de l’os d’Ishango (-20.000 ans de l’ère africaine) dans les Grands Lacs, il fait savoir que cet os porte la preuve de la connaissance par les pêcheurs africains des nombres premiers. Cet os, malheureusement, dira-t-il, est représenté devant la plus grande université scientifique de Belgique. Un os découvert en Afrique et dont l’implantation devant l’université belge a fait l’objet d’une cérémonie d’inauguration. L’os d’Ishango n’est donc pas un os ordinaire. Selon plusieurs sources, il symbolise une vraie calculatrice et la représentation de l’ADN. Pendant ce temps, dans les universités africaines, on ne parle jamais de cet os. On y fait plutôt l’apologie des scientifiques occidentaux.
    Le Naaba est aussi revenu sur les rituels africains qui ont un aspect mathématique. Il n’a pas manqué d’évoquer la sacralisation du chiffre en Afrique, le code binaire qui a donné naissance à l’informatique, le cauris et le bit etc.
    Les premières universités, a-t-il souligné, sont nées en Afrique, au moment où le reste du monde (Asie, Europe) traînaient le diable par la queue. Il a aussi fait mention de contes français de 1420 qui informaient que le roi de France a payé plus de 200 écus d’or à un médecin de Timbouctou au Mali pour soigner un prince français malade.
    On ne copie pas la science d’autrui !
    Un vrai africain, informe ce chercheur africain, n’a pas de problème avec l’école mais plutôt avec le modèle d’école. Et ce modèle qui est actuellement en vigueur en Afrique, regrette-t-il, constitue un véritable danger pour l’Africain. « L’école occidentale a perdu l’Africain », soutient-il.
    Selon lui, l’autre problème, c’est que l’Afrique d’aujourd’hui cherche à copier la science d’autrui. « On ne copie pas la science d’un peuple, on copie sa technicité », prévient-il.
    Le problème avec la science, c’est qu’en la copiant, indique-t-il, on procède à un remplacement de logiciel parce que, invite-t-il, la science a un rapport direct avec la culture.
    Songkogl-Naaba Kâoongo définit la culture comme étant l’algorithme d’un peuple, l’étape par laquelle on fait les cheminements mentaux. Et la tradition, note-t-il, est la matérialisation de ces cheminements. « La culture est un miroir et chaque élément représente une forme conceptuelle de ce miroir. Par exemple, l’Africain a peur de couper un arbre parce qu’il estime que l’arbre porte un équilibre. L’Africain pense avant de faire quelque chose mais le paradigme dans lequel on étudie actuellement nous amène à faire une chose avant de penser », renseigne-t-il.
    Chaque peuple doit penser sa modernité
    Pour sortir de l’ornière, propose ce chef traditionnel, l’Afrique doit revenir à sa scientificité et penser sa propre modernité. La science en Afrique, selon lui, sacralise les choses et protège l’humain. « Une civilisation qui ne met pas l’humain au centre, n’est pas une civilisation, c’est une barbarie. Une civilisation ne peut pas mettre un peuple en esclavage », ajoute-t-il.
    En se basant sur cette culture extrêmement scientifique, le continent noir va créer sa propre modernité. « La modernité africaine doit être dessinée sur la culture africaine. La modernité, c’est l’évolution de la tradition, c’est la culture qui ne change pas », informe-t-il, ajoutant qu’une modernité qui détruit l’être dans son essence n’est pas ce qu’il faut à l’Afrique.
    Ceci est le 8è numéro de votre rubrique mensuelle ‘Ce que l’école ne nous apprend pas’
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