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Au Togo, malgré tous les textes contraignants et les mécanismes en place, des cas de torture et de mauvais traitements sont toujours signalés, souvent dans un contexte d’arrestations, de détentions ou de conflits interpersonnels. Comment faire pour enrayer cette pratique? Le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) a la réponse à cette importante question. Pour cette organisation, l’une des pionnières en matière de lutte contre la torture au Togo, le renforcement des capacités des acteurs essentiels comme les médecins, les psychiatres, les psychologues et les avocats va donner un autre sens à la prévention contre la torture.
Depuis ce mardi à Lomé, en présence de cadres de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), une vingtaine de membres de ces corporations prennent part à un atelier qui prend fin ce mercredi. Une rencontre qui s’inscrit dans le cadre du projet « Unir et avancer pour la prévention et la lutte contre la torture au Togo, phase 4 », organisée en partenariat avec l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), avec l’appui financier du fonds OPCAT des Nations Unies.
Selon Ghislain Nyaku, Directeur exécutif du CACIT, pour lutter contre cette pratique, le Togo a ratifié la Convention contre la torture le 18 novembre 1987 et son protocole facultatif le 20 juillet 2010 qui lui fait obligation de mettre en place un Mécanisme national de prévention (MNP) confié à la CNDH. Un cadre légal a même été créé à ce propos.
« Cependant, malgré tout cet arsenal, la connaissance des acteurs sur le MNP n’a pas encore touché véritablement des corporations qui sont des acteurs essentiels, si on veut avoir des impacts plus probants sur le terrain. C’est ce qui justifie cet atelier de renforcement de capacités des médecins, psychiatres, psychologues et avocats », a-t-il expliqué.
La prévention et la lutte contre la torture, poursuit-il, repose non seulement sur l’engagement des autorités étatiques et des mécanismes de contrôle, mais également sur l’intervention de professionnels qualifiés capables de documenter, de prouver et de dénoncer ces actes.
« Les médecins, les psychiatres, les psychologues et les avocats ont pour rôle d’établir la vérité sur les cas de torture avérés et de soutenir la défense des victimes. L’efficacité de leurs actions contribuera à décourager la récidive et de ce fait, à prévenir la commission d’actes de torture et de mauvais traitements », a-t-il marqué.
Mieux encore, cet atelier est en train de mettre en place une organisation plus ou moins parfaite de lutte et de prévention contre la torture, avec à la clé, la vigilance de tous les maillons d’une chaîne. En effet, l’expertise médicale psychologique des professionnels de santé est essentielle à faire la vérité, notamment à travers l’identification et la documentation des séquelles physiques et psychiques de la torture. Les avocats, par leur savoir-faire juridique, vont assurer la défense des victimes et de ce fait, vont contribuer à la lutte contre l’impunité par l’action judiciaire.
Pendant 2 jours, les participants vont être plongés dans les méandres de la connaissance approfondie des outils normatifs et méthodologiques reconnus à l’échelle internationale. Il s’agit du Protocole d’Istanbul, le manuel des Nations Unies pour l’enquête et la documentation efficaces de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les règles de Mandela qui sont des normes à minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, qui garantissent la dignité et les droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
Tout se passera au travers de 5 communications réparties sur les 2 jours. Des travaux en commission et une étude de cas vont faire jaillir plus de lumière sur la compréhension des outils visités. La boucle sera bouclée avec des méthodologies de collecte des preuves médicales et psychologiques dans le cas de la torture.
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