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Le 31 août prochain, soit 128 ans après le massacre d’Ambiky le 29 août 1897, la France va restituer à Madagascar 3 têtes coupées et le dais de la dernière reine, un objet sacré de royauté. Elles sont respectivement du roi Sakalava, Toera et de 2 de ses guerriers. Longtemps réclamées par le gouvernement malgache, les ossements ont enfin été sortis d’un musée français.
Au cours d’une cérémonie présidée par Rachida Dati, la ministre française de la culture et son homologue malgache, Volamiranty-Donna Mara, les 3 ossements humains, qui ont depuis séjourné dans des musées, ont été restitués à Madagascar.
Les faits qui ont conduit à la coupure de la tête de 3 hommes, sont les mêmes que partout en Afrique : la violence de la colonisation. L’histoire de ce peuple africain, comme celle des autres communautés africaines envahies par le colon, dit que devant la supériorité militaire des envahisseurs, le roi décide de se rendre. Une situation qui a profité aux troupes françaises qui ont attaqué et procédé au massacre d’Ambiky. Le roi qui s’est rendu, a été purement et simplement décapité. Deux de ses guerriers ont subi le même sort.
Les troupes coloniales s’étaient servies de ces têtes coupées comme des trophées de guerre. Elles ont utilisé ces têtes coupées de personnes non des moindres pour traumatiser la population.
« Ce n’est pas de simples objets de collection. Elles sont le lien invisible et indélébile qui unit notre présent à notre passé. Pendant 128 ans, les Malgaches, et particulièrement les Sakalava, ont porté cette tragique situation comme une blessure dans leur cœur », a marqué la ministre malgache.
Interrogé sur la restitution de ces têtes coupées, le président malgache, Andry Rajoelina fait ressortir l’enjeu majeur. 
« Qui ne connaît pas son histoire, ne peut transformer l’histoire de son pays », dixit Rajoelina
« Si on ne connaît pas son histoire, on ne peut pas transformer l’histoire de son pays. C’est pour cette raison que je m’attache particulièrement à notre riche histoire et aussi à la restitution de l’ensemble des objets qui ont été retenus par la France », a-t-il déclaré.
La tête du roi Toera, un guerrier et un leader, étant emportée, sa famille et sa communauté n’ont pu faire le deuil. « La famille ne pouvait pas faire le deuil. C’est important pour la communauté Sakalava que ces crânes soient restitués. C’était aussi important pour la descendance de la dernière reine de Madagascar parce que le dais de la reine marque la souveraineté nationale et de la royauté de Madagascar », a expliqué le président.
Au-delà de son caractère diplomatique et culturel, cette restitution, selon un analyste africain, soulève des questions profondes d’ordre moral et philosophique. « Peut-on, par un acte symbolique, réparer l’injustice historique du colonialisme ? Le retour des restes humains constitue-t-il une réhabilitation de la dignité humaine ou une simple réparation tardive qui ne saurait effacer la violence des conquêtes passées. Restituer des crânes, n’est-ce pas reconnaître implicitement que l’histoire coloniale fut porteuse d’atteintes graves à l’humanité ? », se demande-t-il.
Et quelle humanité ? Il faut dire qu’en Afrique, la guerre n’a jamais été un genre, comme c’est le cas des communautés occidentales. Devant le sang de seulement quelques personnes qui coule, les rois africains baissent les armes et entrent en pourparlers. C’est cet état des choses qui a servi aux envahisseurs qui en ont profité pour massacrer des populations entières en Afrique. Aujourd’hui, l’histoire de l’Afrique n’étant pas connue par la grande majorité des Africains, ceux-ci sont arrivés à croire que l’humanité n’a jamais été un caractère africain mais plutôt celui de ceux qui sont venus les massacrer.
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