mardi, juillet 28, 2026
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    Nadège Koffi : ‘jeune fille africaine, tu es appelée à écrire ta propre histoire’

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    En Afrique, il est des femmes qui voient grand. L’Ivoirienne Nadège Koffi fait partie de ce cercle de femmes. Femme multi-casquettes, elle dit s’engager pour une Afrique plus forte et plus connectée.
    Dans cette interview, cette journaliste qui signe à Afrique Economie accessible sur l’adresse www.afriqueeconomie.net, dit ce qu’elle pense de l’Afrique connectée. Aux jeunes filles de tous les pays d’Afrique, elle demande d’écrire leur propre histoire.
    Lisez plutôt…
    Vous êtes à la fois journaliste web, entrepreneure, ambassadrice d’un think tank digital et coordonnatrice d’une ONG. Comment parvenez-vous à articuler toutes ces casquettes autour d’un même fil conducteur ?
    Toutes ces casquettes que je porte, journaliste web, entrepreneure, ambassadrice d’un think tank digital et coordonnatrice d’une ONG peuvent paraître multiples, mais elles s’articulent autour d’un fil conducteur clair : l’engagement pour une Afrique plus forte, plus connectée, et tournée vers l’impact. Mon travail de journaliste me permet de documenter, d’analyser et de donner de la visibilité aux dynamiques économiques et sociales africaines. En parallèle, mes responsabilités au sein du Cluster Digital Africa et de l’ONG Stand For Africa traduisent cet engagement en actions concrètes, qu’elles soient numériques, citoyennes ou solidaires. L’entrepreneuriat, quant à lui, incarne mon besoin d’autonomie, de créativité, et de durabilité dans l’action. Ce qui relie toutes ces dimensions, c’est une stratégie personnelle de transformation : transformer les idées en actions, les défis en opportunités, et surtout, les engagements en solutions durables. Je pense en termes de ponts, de synergies. Aujourd’hui, on ne peut plus cloisonner les domaines. Il faut décloisonner les savoirs, connecter les énergies, et inscrire chaque action dans une vision plus large de transformation sociale et économique.
    Votre média Afrique Économie met en lumière les initiatives africaines depuis 2017. Selon vous, quels sont aujourd’hui les principaux freins et leviers pour l’économie numérique africaine ?
    L’économie numérique africaine regorge de potentiel, mais elle reste confrontée à plusieurs freins structurels. D’abord, l’accès inégal à Internet et aux infrastructures numériques limite l’inclusion digitale, notamment en zones rurales. Ensuite, le manque de formation spécialisée freine l’émergence de compétences locales capables de porter cette transformation. À cela s’ajoute une faible culture de la donnée, des réglementations parfois inadaptées et une méfiance vis-à-vis de l’innovation technologique. Cependant, les leviers sont tout aussi puissants. La jeunesse africaine, connectée et créative, constitue un véritable moteur d’innovation.
    L’essor des fintech, de l’e-commerce et de l’e-gouvernance montre qu’il est possible d’inventer des solutions adaptées aux réalités locales. Enfin, la montée en puissance de start-up tech, de hubs numériques, et les efforts d’intégration régionale offrent de belles perspectives. Il faut donc renforcer les politiques publiques, favoriser les partenariats public-privé et surtout, investir massivement dans la formation et l’infrastructure pour permettre à l’économie numérique africaine d’atteindre son plein potentiel.
    En tant qu’Ambassadrice du Cluster Digital Africa, comment évaluez-vous l’impact réel de la transformation digitale dans les politiques publiques africaines ?
    La transformation digitale commence à s’imposer comme un levier incontournable dans les politiques publiques africaines, mais son impact réel reste encore inégal selon les pays et les secteurs. On observe des avancées notables dans des domaines comme l’état civil numérique, la dématérialisation des services administratifs ou encore les plateformes fiscales. Ces efforts traduisent une volonté politique de modernisation, de transparence et de proximité avec les citoyens.
    Cependant, pour que cette transformation soit pleinement efficace, elle doit s’accompagner d’une véritable stratégie inclusive, durable et centrée sur l’usager. Cela suppose non seulement des investissements dans les infrastructures numériques, mais aussi dans les compétences humaines et la gouvernance des données. Le Cluster Digital Africa, à travers ses réflexions et actions, milite pour une approche panafricaine de la digitalisation, intégrée aux politiques publiques et pensée pour répondre aux réalités du continent. Il ne suffit pas de numériser les procédures, il faut aussi transformer les mentalités et repenser l’action publique à l’ère du digital.
    Vous êtes très engagée pour la jeunesse à travers l’ONG Stand For Africa. Concrètement, quelles sont les actions phares menées en Côte d’Ivoire pour favoriser l’autonomisation des jeunes ?
    Notre engagement au sein de l’ONG Stand For Africa se traduit par des actions solidaires et structurantes en faveur de l’autonomisation des jeunes en Côte d’Ivoire. Concrètement, nous avons mené plusieurs actions de dons dans des orphelinats et des hôpitaux, notamment au sein du Centre d’Odontologie Pédiatrique du CHU de Treichville, apportant un soutien matériel et moral à des enfants et jeunes en situation de grande vulnérabilité. Ces actions visent à répondre à des besoins urgents tout en transmettant un message fort : celui de la solidarité et de l’espoir.
    Parallèlement, nous avons développé un programme de mentorat impliquant des membres de la diaspora africaine, qui accompagnent des jeunes dans des projets concrets, notamment dans les domaines du sport, de la culture et de l’entrepreneuriat. Ce lien entre la diaspora et la jeunesse locale crée une dynamique de transfert de compétences, de motivation et d’ouverture sur le monde. Notre vision est claire : agir avec cœur et constance pour bâtir une jeunesse forte, responsable, et fière de ses racines africaines. Qu’il s’agisse d’un geste de solidarité ou d’un accompagnement stratégique, chaque action compte dans la construction d’un avenir plus équitable.
    Vous poursuivez un Master en Management des Politiques Publiques et Relations Internationales. Quelle place donnez-vous à l’alliance entre communication stratégique et action publique pour l’avenir du continent ? 
    À mon sens, l’alliance entre communication stratégique et action publique est devenue incontournable pour construire un avenir plus cohérent, plus inclusif et plus efficace pour le continent africain. Trop souvent, les politiques publiques échouent non pas parce qu’elles sont mal conçues, mais parce qu’elles sont mal communiquées, ou insuffisamment portées par une vision claire et partagée. La communication stratégique permet de créer de la transparence, d’impliquer les citoyens, de valoriser les résultats, et surtout, de construire la confiance entre les institutions et les populations. Elle joue aussi un rôle clé dans la diplomatie d’influence, la coopération internationale et la mobilisation autour des enjeux de développement.
    En poursuivant ce Master en Management des Politiques Publiques et Relations Internationales, je souhaite renforcer ma capacité à articuler la vision politique, la rigueur de l’action publique et la puissance du message. Mon ambition est de m’orienter résolument vers le domaine de la diplomatie, où ces compétences sont essentielles. Car une politique qui n’est pas comprise, portée et expliquée reste inefficace, aussi ambitieuse soit-elle. L’Afrique a besoin de leaders capables de penser, d’agir et de communiquer en même temps, avec éthique, engagement et intelligence stratégique.
    Pour finir, quel message fort souhaiteriez-vous adresser à la jeune fille africaine qui aspire à s’imposer dans les domaines de la communication, de l’entrepreneuriat ou du leadership ?
    À toi, jeune fille africaine, je veux dire ceci : tu n’as pas besoin de permission pour rêver grand, pour oser prendre la parole, pour créer, innover ou diriger. Tu portes en toi l’héritage de femmes fortes, résilientes, brillantes et tu es appelée à écrire ta propre histoire, avec courage et conviction. Le chemin ne sera pas toujours facile, mais ta différence est une force. Cultive ton intelligence, ta foi, ton authenticité. Entoure-toi de ceux qui te poussent vers le haut. Et surtout, n’aie jamais peur de déranger : le changement ne vient pas de celles qui se contentent de suivre, mais de celles qui ont le courage de tracer leur propre voie. La communication, l’entrepreneuriat ou le leadership ne sont pas des privilèges réservés à une élite. Ce sont des outils pour transformer le monde et ce monde a besoin de ton regard, de ta voix et de ton feu intérieur. Alors avance, même lentement, mais avance toujours.
    Interview réalisée par la radio Sazué, 96.3 Bénin
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