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Il y a quelques jours, alors qu’il était à Brazzaville sur invitation d’un acteur politique congolais avec qui il s’apprêtait à tenir une rencontre avec la presse, le panafricaniste Kémi Séba a été arrêté et renvoyé sans ménagement du territoire congolais. On sait que sa tête ne plaît pas dans plusieurs pays d’Afrique mais personne ne sait pour quelles raisons le béninois a été renvoyé manu militari du Congo.
Il faut attendre ce lundi 14 avril 2025 pour le savoir. Lors d’une rencontre avec la presse dénommée ‘quinzaine du gouvernement’, Thierry Lézin Moungalla a avancé les raisons qui ont poussé le gouvernement et les services compétents à chasser Kémi Séba.
Pour le ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement, au lieu de diaboliser le gouvernement qui prendrait des mesures attentatoires à la liberté d’expression, on ferait mieux de savoir que le panafricaniste béninois est un ‘provocateur professionnel’.
« A part d’être un provocateur, on ne sait pas quelle est sa profession, ses sources de revenu. Mais il se balade dans les plus beaux hôtels à travers le monde, en prenant des avions en première classe, il semble être un monsieur qui a du goût, on ne sait pas trop par qui il serait financé et il passe son temps dans la provocation », a-t-il déclaré, après avoir dénoncé plusieurs comportements de Kémi Séba, notamment les critiques de la politique diplomatique, militaire et sécuritaire de la France et le fait qu’il ait brûlé en public le passeport français.
Et d’ajouter qu’il trouve la décision prise par le gouvernement et les services compétents congolais conforme à l’esprit de responsabilité qui doit animer les gouvernants dans n’importe quel pays.
Pour ce qui concerne le Congo, a-t-il fait savoir, la conférence de presse que le panafricaniste devrait tenir avec l’acteur politique qui l’a invité, porterait sur le franc CFA.
« Certainement que ce monsieur avait l’intention de critiquer le fait qu’un pays comme le nôtre et comme d’autres à travers l’Afrique, utilise cette monnaie comme valeur économique faciale et financière pour ses échanges et transactions économiques et financières », a souligné le ministre.
Pour le porte-parole du gouvernement congolais, critiquer une monnaie en cours et en usage dans un pays dans lequel on critique, est un délit. Puisque, argumente-t-il, la monnaie est un élément de stabilité économique et financière d’un Etat.
« Le franc CFA, qu’on le veuille ou pas, qu’on ait des préjugés politiques ou pas, est un des rares éléments de stabilité sur le plan financier à travers le monde, en Afrique francophone et dans notre sous-région en particulier. Je crois qu’il ne faut pas jouer avec la monnaie », a-t-il lancé, soutenant que le Congo n’a aucune envie d’ajouter d’autres difficultés comme un mouvement économique et financier aux difficultés qu’il a déjà.
Pour information, le franc CFA, est la monnaie créée par le général Charles de Gaulle en 1945 pour les enclos coloniaux français. Devenus indépendants, ceux-ci ont en 1971 pour l’Afrique centrale et en 1972 pour l’Afrique occidentale décidé d’en faire leur monnaie. Depuis quelques années, cette monnaie essuie de sérieuses critiques. Plusieurs de ses détracteurs dont Kémi Séba, pensent que le franc CFA est une monnaie de la servitude qui empêche l’économie des pays qui l’ont adopté d’évoluer.
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