mardi, juillet 28, 2026
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    Togo : Golfe 1 veut redorer le blason des Tambours majeurs de Bè

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    La commune du Golfe 1 se veut un territoire culturellement fort. Mercredi, la mairie de cette collectivité territoriale togolaise a lancé un projet dénommé les Tambours majeurs de Bè (TaMa). Il s’agit d’un spectacle bien roulé de 2 heures de temps qui prend en compte les différentes facettes d’Agbadja, un rythme eʋe joué dans Bè lors des événements malheureux.
    La cérémonie de lancement a été présidée par un représentant du ministre de la culture et du tourisme en présence du représentant du chef canton de Bè.
    Ce projet, conçu par le maire de la commune Golfe, Koamy Gbloèkpo Gomado, a non seulement pour but d’internationaliser le rythme Agbadja mais aussi de l’améliorer avec d’autres instruments. Ce rythme, du fait de sa richesse et densité, dans le cadre de ce projet, va être sorti du caractère malheureux qu’on lui connaît pour en faire une musique qu’on peut chanter et danser à toutes les occasions, mêmes les plus joyeuses. Pour le maire, c’est une question d’identité.
    « Les TaMa traduisent notre stratégie de promotion de la culture locale qui constitue la mémoire de tout un peuple. En matière de culture, la chanson véhicule un certain nombre de message qui concourt à la cohésion sociale et à la paix. A travers ce projet, nous voulons aussi valoriser les acteurs qui interviennent dans ce rythme mais qui ne sont pas connus dans nos communautés et qui ne sont pas considérés parfois dans la cité, alors qu’ils incarnent cette culture », a déclaré le maire.
    Latékoé Dick, Directeur artistique de TaMa
    Pour Latékoé Dick, Directeur artistique et porteur délégué de ce projet culturel, il faut pouvoir amener ce rythme et le proposer à un public un peu plus large. Cela demande, a-t-il souligné, un certain travail, notamment la maîtrise des textes et des phrasées.
    « Nous allons nourrir le rythme Agbadja avec les instruments de musique du Bénin, du Ghana et du Togo. Lorsque la percussion va sonner, elle va se faire accompagner de chants tirés du terroir notamment du Fâ (géomancie) et des proverbes de chez nous. Ce spectacle va nous permettre d’identifier le terroir Bè et toutes ces localités qui ont en partage le rythme Agbadja », a-t-il expliqué.
    Selon le calendrier défini, la grande première du projet aura lieu dans 2 mois, c’est-à-dire en octobre prochain. Avec à sa base l’orchestre Bè Ensemble instrumental (BEI), ce spectacle sera diffusé dans les salles et à plusieurs autres endroits.
    Bè Ensemble Instrumental
    La seconde phase du projet vise les élèves. Ils seront initiés lors des ateliers percussifs.  A travers ce projet, c’est le tourisme et le brassage avec d’autres communautés qui sont aussi visés.
    A la base de ce rythme africain, il y a 4 instruments majeurs : Kplikpan, le patron des tambours de l’orchestration qui pose les questions, Kpizi qui répond aux questions posées et Adzidan qui est en accompagnement. Mais, on ne peut faire le rythme Agbadja sans le métronome qu’est le gong. En ewe, il s’appelle Gakogui ou Ga. Dans le rythme Agbadja, on utilise 2 gongs à savoir Gagbanvi et Tokè.
    Agbadja véhicule beaucoup de messages notamment les allégories, des historiettes, des proverbes et des conseils aux communautés africaines qui le jouent.
    A son origine, il se susurre que les communautés africaines attaquées parfois par des animaux sauvages, tapaient sur des objets et chantaient pour éloigner ces animaux. Avec l’évolution, ce rythme a été utilisé dans les obsèques. Les familles endeuillées, en écoutant les chansons, s’éloignent un tant soit peu des peines et douleurs causées par la mort de l’être cher.
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