- Advertisement -
Reporters Sans Frontières (RSF) fait cas de graves accusations contre le gouvernement togolais. Selon cette organisation, deux journalistes critiques du régime, en l’occurrence Loïc Lawson, Directeur de publication du journal ‘Flambeau des démocrates’ et Anani Sossou, un journaliste indépendant, ont été ciblés par Pegasus, un des logiciels les plus performants en matière d’espionnage, selon RSF.
Il faut d’abord dire que ces 2 journalistes ont récemment passé une vingtaine de jours en détention à la prison civile de Lomé, dans une affaire de vol dans la maison d’un ministre. Celui-ci s’est plaint contre eux pour avoir indiqué que des cambrioleurs l’ont dépossédé de 400 millions de francs CFA. Pour sortir de prison, ils se sont excusés mais le procès de cette affaire a été ouvert dans ce mois de janvier. Les 2 journalistes sont poursuivis pour diffamation, atteinte à l’honneur et incitation à la révolte.
RSF dit s’être intéressé aux téléphones portables de ces 2 journalistes en décembre dernier. Selon l’organisation, il y a des preuves d’intrusion sur les téléphones de ces 2 hommes de médias, caractéristiques du logiciel Pegasus, utilisé par le Togo jusqu’en 2021.
« C’est en enquêtant sur les circonstances de cette arrestation complètement arbitraire et des accusations portées contre ces journalistes que nous avons découvert qu’ils étaient en réalité dans le collimateur des autorités togolaises de longue date, comme le montre le cyberespionnage industriel auquel Loïc Lawson a été soumis en 2021. Jusqu’à ce que le scandale Pegasus éclate en juillet de cette année-là et éclabousse le Togo, les intrusions sur son portable ont eu lieu à une cadence ahurissante jusqu’à plusieurs fois par semaine pendant 6 mois, permettant aux auteurs de cette opération d’avoir accès à l’ensemble des données du journaliste », indique l’organisation.
Soit au total 23 intrusions en un semestre comme s’il était allé tous les soirs remettre son téléphone aux auteurs de cette opération, a marqué sur TV5 Monde Arnaud Froger, responsable du bureau investigation de RSF.
Selon celui-ci, le Togo était un client connu de Pegasus. A la question ‘êtes-vous sûrs que c’est le Togo qui est derrière ?’, M. Froger répond qu’ils sont quasiment certains. « Le faisceau d’indices est très important, le Togo est un client connu de Pegasus à l’époque. Ce logiciel n’est commercialisé qu’à des Etats », précise-t-il.
Selon le responsable de RSF intervenant sur TV5 Monde, le logiciel Pegasus est commercialisé depuis une dizaine d’années environ par une société israélienne appelée NSO Group. « C’est un logiciel épinglé dans le cadre de révélations d’un consortium de médias internationaux en 2021 pour son usage complètement dévoyé à l’échelle planétaire. On s’était aperçu en ce moment que des opposants, des membres de la société civile et 200 journalistes avaient fait l’objet d’un espionnage de la part des Etats dont le Togo », a-t-il souligné.
Selon lui, il s’agit d’une arme de guerre. « On ne peut s’apercevoir de l’intrusion sur son téléphone ; la géolocalisation, la caméra et le micro peuvent être activés à distance, on peut accéder absolument à toutes les données sur le téléphone, y compris les données personnelles. Il n’y a plus de possibilité de parler à des sources en toute confiance et d’exercer le métier de journaliste dans ces conditions », a-t-il lancé.
- Advertisement -







