mardi, juillet 28, 2026
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    Togo : Afrocentricité Internationale appelle les Africains à se réveiller avant qu’il ne soit tard

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    Si l’Afrique était libre et décidait d’elle-même, ce 19 juillet, elle fêterait le 1er Djehity de l’année 6260, premier jour sur son propre calendrier, le plus vieux de tous. C’est ce qu’a annoncé en conférence de presse ce mardi à Lomé, Afrocentricité Internationale Togo (AI-Togo), une association qui prône le retour aux valeurs traditionnelles africaines pour amorcer un vrai développement. Pour cette association, l’Afrique Noire se désagrège de jour en jour et il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.
    ‘On ne peut régler un problème avec ceux qui l’ont créé’
    C’est donc un tableau sombre que les docteurs Koffi Klouvi et Sodjehoun Apeti, les 2 premiers responsables de cette association, ont dressé devant les journalistes. Selon eux, toutes les tentatives d’unir l’Afrique balkanisée à Berlin en 1885 peinent à se concrétiser. Les élites, disent-ils, minimisent la culture, l’élément majeur pour cimenter les peuples d’Afrique. Plus de 60 ans après les indépendances, notent-ils, la culture africaine est toujours accessoire pour l’Union africaine (UA). L’Afrique, le continent où sont nés, selon les preuves scientifiques dignes de foi, toutes les sciences, l’art, l’écriture, regrettent-ils, est caractérisée par une épistémicidie (destruction de toutes les connaissances) et elle n’a ni fête populaire, ni fête religieuse, contrairement aux Chinois, juifs, chrétiens, musulmans et autres avec qui les Africains célèbrent ‘naïvement’ les ancêtres de ceux-ci pour pérenniser leur domination.
    « Au vu de tout ce qu’a subi le peuple noir depuis le dernier millénaire avant l’ère occidentale et de tout ce qu’on continue de subir. Les concepteurs de l’Afrocentricité se sont dit qu’il faut intégrer un volet culturel à notre lutte. Ce volet culturel viendra redonner sens et vie au panafricanisme après son centenaire de vie. On veut former une communauté forte, un peuple. Actuellement, nous n’en sommes pas. Nous sommes juste une population au service des autres puisque rien ne nous sonde à part notre couleur de peau », a lancé le médecin endocrynologue, Dr Koffi Klouvi, Shenuti de AI-Togo.
    « Sur le plan sociopolitique et économique, les tentatives d’unification de l’Afrique et de sa diaspora sont calqués sur le noircissement des visions eurocentriques. Les fondateurs de l’OUA et leurs successeurs continuent de minimiser la culture. Sur le plan spirituel et religieux, c’est le vagabondage : le noir est chrétien, juif, musulman, bouddhiste, indouiste, shintoïste, raélien, franc-maçon, rosicrucien, sauf lui-même. On a réussi à lui inculquer méthodiquement que sa spiritualité et sa religion sont superstitieuses », a lancé le médecin gériatre Sodjéhoun Apeti.
    Selon eux, on ne peut régler un problème avec ceux qui l’ont créé.
    Impossibilité d’une unité africaine sans la culture
    Pour les Dr Klouvi et Apeti, l’Afrique doit amorcer une vraie identité culturelle. Selon eux, l’Europe, les USA, la Chine, l’Inde, la Russie et les autres travaillent pour l’expansion de leur culture.
    « Nous devons reprendre les problèmes à la base, sérieusement sur notre culture pour des solutions enracinées. Car un problème bien posé est à moitié résolu. Le monde est une jungle  et nous ne devons plus jouer la biche devant les lions, la souris devant les chats », disent-ils.
    Les responsables d’Afroncentricité Internationale Togo se disent conscients que cette posture est difficile à adopter. « Parce qu’elle fera perdre des bénéfices secondaires sur les avantages eurocentriques », a indiqué Dr Apeti qui ajoute qu’il n’y a malheureusement pas un autre chemin pour que l’Afrique revienne au centre des choses.
    Au vu de tous les échecs passés et présents d’unification de l’Afrique Noire devant la suprématie blanche, ces 2 médecins appellent toute l’Afrique à un retour indispensable aux valeurs ancestrales. « Nous devons nous battre pour détruire la suprématie blanche en faisant mieux que nos prédécesseurs », a lancé l’un des 2.
    Le nouvel an kamit ancré dans la vie des communautés actuelles
    Et ce nouvel an kamit, soutiennent-ils, est une aubaine ancestrale. Après avoir expliqué comment est né le calendrier kamit, ils sont revenus largement sur cette fête visible dans toutes les communautés africaines, notamment au Togo, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Gabon. Bref, dans toutes les communautés noires.
    « Fête majeure, le nouvel an kamit est une fête agraire encore en vigueur actuellement dans nos pays. Au Togo par exemple, on a la prise de la pierre sacrée, Adinoukouza, Ayiza, Dpontr et bien d’autres. La fête du nouvel an est instituée sur la crue des fleuves en particulier du Nil à Kemet. Cette crue est la preuve d’une future année productive, tout en profitant de la célébration pour offrir les prémices de la saison écoulée aux ancêtres », notent-ils.
    Pour marquer ce nouvel an kamit, la branche togolaise d’Afrocentricité Internationale a concocté un vaste programme qui s’étale jusqu’à la fin de ce mois de juillet. Il faut rappeler que cette conférence de presse a été précédée d’une libation. A partir de ce mercredi 19 juillet, il y aura plusieurs projections de films documentaires, des sorties sur des lieux de mémoires historiques au Togo  et une apothéose le 30 juillet.
    Pour rappel, il faut dire que plusieurs penseurs africains, de Cheikh Anta Diop jusqu’à Kalala Omotounde en passant par Théophile Obenga, Amadou Hampate Bâ, Mbog Bassong, Molefi Kete Asante etc, sont arrivés dans leurs ouvrages respectifs à une même conclusion : pour eux, c’est la rupture du lien qui lie l’Afrique Noire à son histoire et à sa culture qui est la source de ses problèmes. La seule solution qui vaille, soutiennent-ils tous, c’est le retour vers les sources ancestrales.
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