mardi, juillet 28, 2026
1banCdkGroupbon
2webbannerbon
23CDKmigosbon
previous arrow
next arrow
More

    L’élite africaine loin de la pensée africaine et son paradigme ; pour quel type de développement ?

    - Advertisement -
    L’une des forces des grandes nations, c’est leur élite. Ce groupe restreint de personnes considérées comme les meilleures, les plus éminentes et les plus compétentes, participe non seulement à la formation des générations présentes et futures, relève de demain, transmet les valeurs, mais aussi et surtout, permet aux nations qui réussissent de garder le cap. L’Afrique fait-elle exception à cette règle ? Si non, pourquoi les peuples de ce continent sont toujours déstructurés, arrachés de leurs terres, spoliés de leurs richesses, coupés de leurs racines, déconnectés de leur spiritualité et valeurs ancestrales ?
    Pour répondre à ces questions, nous choisissons, non pas un livre mais une personnalité : Mbogbog Mbog Bassong. Cet égyptologue camerounais pense que le problème fondamental de l’Afrique, c’est son élite.
    « En réalité, c’est l’élite africaine composée des agrégés qui est incompétente et qui est la gangrène de l’Afrique », soutient-il, ajoutant que c’est une élite qui navigue à vue.
    Il reproche à l’élite africaine de ne pas être productive dans aucun domaine. « A l’université, indique-t-il, c’est très difficile d’avoir quelqu’un qui écrit deux ou trois livres. En occident, ça s’écrit tous les jours sur l’épistémologie, l’histoire des sciences, la philosophie des sciences ».
    Un système éducatif où l’histoire des sciences ou la philosophie des sciences est inexistante, est un système éducatif qui n’existe pas, note Mbog Bassong. Il appelle à la recodification de la tradition africaine pour remettre l’Afrique en phase avec la science et l’enseigner aux enfants. Si rien n’est fait, regrette-t-il, l’Afrique est perdue pour 200 ans encore.
    Le drame de l’Afrique, note-t-il, c’est que ceux qui sont bardés de diplômes ont cru qu’il y avait un universalisme philosophique venant de l’occident et qui était indépassable. Faire ce choix, annonce-t-il, c’est programmer l’asservissement de l’Afrique pour le bien d’un Occident qui ne comprend pas encore l’univers.
    Pour lui, les figures les plus connues de la philosophie occidentale comme Aristote et Descartes qui sont encore suivis aujourd’hui, se sont trompés lorsque le premier affirme qu’il y a des peuples qui sont nés pour être esclaves et le second pense que l’homme est maître et possesseur de la nature. Pendant ce temps, les Africains disent que l’univers a engendré l’homme et qu’il ne peut pas être plus intelligent que l’univers. Être philosophe en Afrique, c’est connaître l’ordre de l’univers (science) et agir conformément à cet ordre (éthique), afin qu’à l’éternité cosmique corresponde l’éternité sociale (fin).
    Chaque fois que les intellectuels africains raisonnent pour l’Afrique, regrette Mbog Bassong, ils viennent avec le paradigme occidental. Selon lui, on ne peut raisonner dans le paradigme occidental pour comprendre et résoudre les problèmes africains.
    De la renaissance africaine
    Pour sortir de cet asservissement programmé pour l’Afrique, il faut, pense-t-il, au continent africain son ‘siècle des lumières’. Mais pour que cela arrive, prévient-il, il faut renaître. « Pour renaître, il faut qu’il y ait des penseurs des arts, de la philosophie, de la sociologie, du droit, de l’économie. Parce que c’est ce qui permet d’amarrer la science à un mode d’être de la pensée qui peut permettre à l’Africain d’aujourd’hui de comprendre le monde, mais surtout les enjeux planétaires », ajoute-t-il.
    Pour Mbog Bassong, le monde asiatique n’a jamais eu besoin de savoir ce que Descartes a fait, le monde arabe s’en fout totalement et le monde occidental fait ce qu’il fait. L’Afrique est le seul peuple qui la prétention de s’organiser sur la base des théories des autres, sans avoir une seule qui lui soit propre.
    « Nous donnons à l’occident, sans le savoir souvent même, le moyen de conduire notre destin national », déplore Mbog Bassong.
    En légitimant l’identité historique de l’occident, estime le Camerounais, les élites intellectuelles africaines font de l’occident leur miroir. « Un véritable drame », crie-t-il.
    La pensée africaine et son paradigme
    Grand initié Bassa, Mbogbog Mbog Bassong est auteur d’une immense œuvre de plusieurs dizaines d’ouvrages. Planétologue et égyptologue, il a consacré son temps à écrire sur les théories africaines de la philosophie, du droit, de l’économie, de la philosophie, de l’art, de la sociologie, de la religion etc. Il est l’auteur par excellence de la pensée africaine et de son paradigme. Des livres qui n’interviennent pas dans la formation des générations africaines.
    Le scientifique africain, estime-il, doit faire de la culture africaine des connaissances rationnelles. Et qui dit culture, dit modèles juridique, économique, architectural, vestimentaire, sociologique, philosophique etc ; le fond organisationnel étant spirituel. Or, pense-t-il, l’agrégé de droit, d’économie et les maîtres de la philosophie africaine ne savent rien du droit africain, de l’économie africaine ou de la philosophie africaine. C’est ce qui, avance-t-il, fait qu’il leur est impossible de résoudre les problèmes de l’Afrique.
    D’après Mbogbog Mbog Bassong, les théories nouvelles notamment dissipative en chimie, des catastrophes en mathématiques, des n corps en physiques, sont présentes dans les mythes multiséculaires africains chez les Dogon, les Bambara, les Bassa, les Douala, les Ashanti, les Yorouba etc.
    Les Bambara et les Dogon, cite-t-il en exemple, savent depuis que l’univers est né de la spirale algébrico-géométrique. La grande question est : comment ont-ils pu voir cette spirale qui ne peut être vue qu’avec des télescopes et des outils de haute performance technologique ?
    La spirale algébrico-géométrique
    Des auteurs comme l’Allemand Viktor Leo Frobenius dans son livre ‘L’histoire de la civilisation africaine’ et l’Arabe Ibn Batouta dans son ‘Voyage au Soudan’ ont démontré qu’en Afrique avant l’esclavage, il n’y avait ni insécurité, ni vol, ni prison, ni chômage.
    Le Camerounais parle aussi de la démocratie et du capitalisme qui, selon lui, relèvent d’un plan anthropologique. Pour Mbog Bassong, c’est le rationalisme individuel qui décline le rationalisme de l’occident. Voilà pourquoi, poursuit-il, dans le monde occidental, c’est le citoyen qui est face à l’Etat. Au contraire dans la pensée africaine, explique-t-il, la tribu ou le clan est en face de l’Etat. Le modèle d’organisation en Afrique est communautaire, les tribus et les clans s’organisant eux-mêmes, ajoute-t-il.
    Il n’y a pas de salut individuel comme dans le modèle de rationalité christique ou islamique. Le salut est collectif en Afrique.
    L’Etat-nation, le modèle des Etats actuels en Afrique, est créé, selon lui, pour ‘diviser’ et ‘abrutir’ les Africains. Ce modèle d’Etat, soutient-il, est la cause des détresses africaines. « Il a pour but la corruption et le tribalisme », note-t-il.
    Ce modèle d’Etat, souligne-t-il, s’organise par une démocratie qui installe un individu au pouvoir mais dont les ressorts viennent du monde extérieur. « Organiser le pouvoir en Afrique de façon à ce que le bourreau d’hier soit toujours présent à nous dicter les règles, c’est échouer d’avance », estime-t-il.
    Être capitaliste, soutient-il, c’est être capable de bombarder l’Iraq et de prendre son pétrole. L’Africain est-il capable de ça ? Ontologiquement, répond-il, c’est impossible. Mbog Bassong propose que l’Afrique redonne à son fédéralisme ses lettres de noblesses.
    Ceci est le 5è numéro de notre rubrique mensuelle ‘Ce que l’école ne nous apprend pas’.
    Ecrit par TELLI Kofi
    - Advertisement -

    ARTICLES RÉCENTS

    Latest Posts

    9tecno2bon
    9tecno3bon
    13Kmigosbon
    previous arrow
    next arrow