mardi, juillet 28, 2026
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    Elisabeth Apampa et ses partenaires préoccupés par la mobilité des artistes togolais vers les grands marchés culturels internationaux

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    Une rencontre de restitution consacrée à la mobilité artistique et à l’accès des artistes togolais aux grands rendez-vous culturels internationaux a réuni jeudi une cinquantaine d’acteurs du secteur culturel. Artistes, managers, producteurs, slameurs, cinéastes, entrepreneurs culturels et médias ont répondu à l’invitation d’une initiative portée conjointement par EA DREAMS, LESCENES, La Fondation et l’association IYAWO, en collaboration avec plusieurs partenaires institutionnels et professionnels.
    Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la participation du Festival IYé Ma Rue Ma Musique porté par Elisabeth Apampa au marché professionnel international Visa For Music. Elle avait pour objectif de partager l’expérience acquise sur cette plateforme et d’ouvrir un espace de réflexion collective sur les défis et les opportunités liés à la mobilité artistique des talents togolais.
    Dans un contexte où les industries culturelles et créatives sont reconnues à l’échelle mondiale comme un moteur important de développement économique, social et culturel, la question de la circulation des artistes devient centrale. Les grands marchés professionnels tels que Visa For Music, le MASA ou encore d’autres plateformes internationales constituent aujourd’hui des lieux stratégiques où se rencontrent programmateurs, producteurs, institutions et médias. Ces espaces permettent aux artistes de développer leurs réseaux, de conclure des partenariats et d’ouvrir des perspectives de diffusion internationale.
    Malgré la richesse et la diversité de la scène artistique togolaise, la présence des artistes et acteurs culturels du pays dans ces circuits demeure encore limitée. C’est précisément cette réalité qui a motivé l’organisation de la rencontre de Lomé.
    Au cours de la session de restitution, les participant-es ont pu découvrir de manière concrète le fonctionnement d’un marché professionnel international. Les échanges ont porté sur les mécanismes de sélection des artistes, l’importance des showcases, le rôle du networking et les différentes opportunités de collaboration qui peuvent naître lors de ces événements.
    Pour Elisabeth Apampa, directrice du cabinet EA DREAMS, présidente de l’association IYAWO et initiatrice du Festival IYé Ma Rue Ma Musique, il est urgent que les artistes togolais comprennent les dynamiques qui structurent aujourd’hui les industries culturelles.
    « La culture ne doit plus être perçue uniquement comme un espace d’expression artistique. Elle représente également un secteur économique stratégique et un outil de rayonnement international. Les artistes doivent comprendre comment fonctionnent ces marchés afin de pouvoir y accéder et y défendre leurs projets. Nous avons l’obligation de repenser les choses, de nous structurer pour faire autrement », a-t-elle expliqué devant les participant-es.
    Elle a également insisté sur la nécessité de dépasser les perceptions selon lesquelles l’accès aux grands événements culturels internationaux serait réservé à une minorité privilégiée. « Il s’agit avant tout de préparation, de stratégie et de travail. Lorsque les artistes disposent des bons outils et des bonnes informations, ils peuvent pleinement saisir les opportunités qui existent autant sur le plan sous-régional qu’international », a-t-elle ajouté.
    Eric Malowa, représentant de la structure LESCENES, a rappelé que la mobilité constitue un levier pour le développement des carrières artistiques dans un monde culturel de plus en plus connecté. « La mobilité permet aux artistes de faire circuler leurs œuvres, de rencontrer de nouveaux publics et de développer des collaborations internationales. C’est un élément fondamental pour toute carrière artistique qui souhaite s’inscrire dans une dynamique professionnelle durable », a-t-il affirmé.
    Selon lui, la préparation professionnelle reste un facteur déterminant pour accéder aux marchés culturels internationaux.
    « Aujourd’hui, un artiste doit être capable de présenter un projet structuré. Un press kit solide, une identité artistique claire et une stratégie de communication cohérente sont devenus indispensables pour convaincre les programmateurs et les partenaires », a-t-il précisé.
    Les artistes présents ont évoqué plusieurs obstacles qui freinent leur participation aux grands rendez-vous internationaux. Les difficultés d’accès à l’information, les coûts liés aux déplacements, les procédures administratives pour l’obtention de visas ou encore le manque d’accompagnement professionnel figurent parmi les préoccupations majeures exprimées.
    La rencontre a également permis d’aborder la question de la structuration des carrières artistiques et de l’importance du branding dans un environnement culturel de plus en plus compétitif. Julio Teko, cinéaste de renommée et directeur de La Fondation, a souligné que les artistes doivent apprendre à penser leur parcours comme un véritable projet professionnel.
    « Le talent est une base importante, mais il ne suffit pas à lui seul. Les artistes doivent également travailler leur image, leur identité artistique et leur positionnement. Le branding est aujourd’hui un outil nécessaire pour exister dans les circuits professionnels », a-t-il déclaré.
    La rencontre a été marquée par la présence de plusieurs figures reconnues de la scène artistique togolaise, notamment Santy Dorim, Papyrus, Varyna, Mc Key, Junior Seme, Fofoskarfo, MC Key et Ivalmok. Leur participation, aux côtés de managers et de représentants de structures culturelles, a contribué à enrichir les échanges et à nourrir le débat sur les perspectives.
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