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Actuellement, Patrice Talon fait partie des rares présidents les plus aimés en Afrique. Le président béninois, à la tête du Bénin depuis 2016, dit à l’envi qu’il n’est pas tenté par le virus du 3è mandat et qu’il va remettre le pouvoir à son successeur en 2026. A l’occasion du 65è anniversaire de l’indépendance du Bénin, il a rencontré un groupe de jeunes béninois, aux fins de répondre à leurs questions.
Un entretien auquel ont pris part seulement une centaine de jeunes béninois mais suivi de par le monde. Si tout s’est bien passé, le président béninois, répondant à une question d’une jeune béninoise sur la souveraineté et l’esclavage, a fait des déclarations qui fâchent dans le rang des panafricanistes.
« Je voudrais que la jeunesse béninoise comprenne ce mot et l’utilise, pas comme malheureusement on l’entend de toutes parts où souveraineté veut dire insulter l’autre et que nous ne sommes pas développés à cause des autres. Il faut bien le noter, si nous ne sommes pas développés, c’est notre propre faute », pense le président béninois.
Selon Patrice Talon, l’esclavage ou le commerce triangulaire est un crime. Il poursuit en disant que l’essor du contient américain est en grande partie lié à la force des aïeux africains. Cependant pour lui, on ne peut rejeter toute la faute de ce crime sur les esclavagistes.
« Penser que tous ceux qui ont été déportés l’ont été par les blancs dans les villages et contrées africaines ? La plupart ont été vendus par nous-mêmes. Nous sommes co-responsables, peut-être même premiers responsables de ce crime. Lorsqu’on vendait nos parents aux blancs qui sont aux comptoirs dans les ports, nous étions souverains. Avant les Européens, on a vendu nos parents aux Arabes », a-t-il déclaré.
Cette déclaration faite par le président béninois, alors même que son pays a commencé à impulser une politique qui permet d’accorder la nationalité béninoise aux afro-descendants, a été diversement commentée sur les panels panafricanistes. Pour certains, le chef de l’Etat béninois veut dédouaner les blancs. Pour d’autres encore, il a bien disserté sur la souveraineté mais il a complètement dérapé en ce qui concerne les razzias négrières parce qu’il a raconté aux jeunes béninois l’histoire de la chasse écrite par le chasseur. D’autres pensent que le président béninois n’a jamais lu un seul livre sérieux sur l’esclavage. Si non, disent-ils, il aurait pu savoir que lorsqu’un royaume refuse d’admettre l’esclavage, on le détruit à coups de canon. « Le roi est éliminé physiquement. On a en mémoire plusieurs rois notamment Badu Bonsu II du Ghana dont la tête est récemment rapatriée par les Néerlandais.
Ces déclarations du président béninois posent un réel débat. Quel est ce commerce dans lequel l’une des 2 parties est lourdement armée ? Y a-t-il dans ce cas de figure des actes de commerce ? Est-ce à dire que les Africains se vendaient entre eux avant l’arrivée des esclavagistes ? Pour parcourir l’histoire de l’esclavage en Afrique, doit-on faire confiance à ce que les esclavagistes ont écrit ou à ce que les auteurs africains racontent ?
Il faut d’abord noter que les débuts de ce commerce (encore faut-il que ce soit un) sont tellement loin qu’en Afrique, beaucoup de personnes qui racontent ce qu’il s’est passé, se contentent de dire ce qu’ils ont entendu leurs grands-parents-ou arrière-grands-parents dire. Il est même difficile de trouver le véritable nom de l’esclavage dans nos contrées. En la matière, il y a heureusement une pléthore d’auteurs africains qui ont raconté ce qui s’est passé lors de l’esclavage. On a Yana Bwemba-Bong, Assani Fassassi, Klah Popo et bien d’autres.
Interrogée sur la question, l’intelligence artificielle affirme que chez les Fon du Bénin, on désigne la traite négrière par le mot ‘Yovodà’ qui signifie littéralement ‘les crimes de l’homme blanc’ ou ‘la cruauté de l’homme blanc’. Certains des auteurs cités haut l’ont aussi utilisé.
Ce terme est « utilisé pour déconstruire les récits traditionnels (traite négrière, commerce triangulaire) jugés insuffisamment honnêtes ou intentionnellement édulcorés. Il vient mettre l’accent sur la souffrance subie par les Africains plutôt que des récits eurocentrés. Il incite à réécrire l’histoire avec une perspective authentiquement africaine, valorisant les sources historiques objectives et scientifiques disponibles ».
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