mardi, juillet 28, 2026
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    La monnaie n’est pas à la base de l’échec de l’Afrique, selon Dodji Nettey Koumou

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    A l’occasion des 10 ans de ‘Veille économique’, l’organisation qu’il a créée pour former les Africains sur les dynamiques économiques en dehors de toute passion idéologique, Dodji Nettey Koumou a, au cours d’une conférence ce week-end, donné sa lecture de l’échec des pays africains (francophones et anglophones) après plus de 60 ans d’indépendance. L’économiste togolais dédouane la monnaie, notamment le franc CFA.
    « J’ai expliqué par cette conférence quels sont les piliers théoriques et économiques sur lesquels se base le fonctionnement de toute monnaie. Les monnaies évoluent par rapport aux théories qui ont été conçues par des théoriciens. En réalité, l’échec des 60 années de nos Etats, notamment dans l’espace francophone, y compris même anglophone puisqu’aucun pays anglophone n’est considéré comme émergent à l’image de la Corée du sud, de la Malaisie ou de l’Indonésie, ce n’est pas la monnaie qui a été à la base de l’échec », a-t-il décliné.
    Pour Dodji Nettey Koumou, la monnaie est basée sur des théories économiques inventées et écrites qui permettent le fonctionnement de toute monnaie. La France, a-t-il souligné, imprime, en dehors du franc CFA, une vingtaine de monnaies dans le monde pour d’autres pays. Les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), soutient-il, ne gèrent pas leur commerce extérieur à travers un seul compte d’opération mais plutôt par 32 comptes d’opérations dans 10 pays différents libellés dans 8 devises étrangères.
    La faute est à la gouvernance
    Pour l’économiste togolais, si les Etats africains veulent aller de l’avant, il faut d’abord améliorer la gouvernance économique. Et quelle que soit la monnaie ou le système de taux de change dans lequel ils vont fonctionner, soutient-il, si la gouvernance est véritablement améliorée, les 60 prochaines années seront glorieuses.
    « Les gouvernants actuels ne comprennent pas comment fonctionne le monde et la structure économique de leur pays. Lorsqu’on voit les pas et les actes posés et les programmes qui sont initiés, les résultats qui sont issus de ces programmes, on se rend véritablement compte que ces chefs d’Etat ont du mal à comprendre la structure domestique de leur économie et le fonctionnement du monde », pense-t-il.
    Dodji Nettey Koumou dit souhaiter qu’on puisse avoir des femmes et des hommes qui puissent comprendre non seulement la structure des Etats, les atouts, les forces, les faiblesses mais également comment fonctionne le monde, pôles de puissance et de domination. « Sans ces connaissances, a-t-il ajouté, il est clair que nous ne pouvons pas réussir comme les Asiatiques ont réussi ».
    La monnaie unique tant souhaitée, note l’économiste, est illusoire. Pour le démontrer, il s’appuie sur un pan de l’histoire. « La Chine a été réunie au 12è siècle après une guerre sanglante entre les 7 provinces chinoises. Les Etats-Unis d’aujourd’hui ont été réunis après une guerre civile de 5 ans. Malheureusement, c’est ce que nous apprend l’histoire. Je ne sais pas si l’Afrique peut s’unir sans guerre. Nous constatons malheureusement que tous les chefs d’Etat de tous les pays africains sont, de façade, fiers de leur pays et ne veulent pas laisser leur souveraineté », a-t-il égrené.
    L’idée de Nettey Koumou n’est pas partagée partout
    Il faut dire que plusieurs penseurs africains s’inscrivent en faux par rapport à l’idée que soutient cet économiste. Son compatriote Kako Nubukpo, économiste comme lui, démontre où qu’il passe que le franc CFA est une « monnaie de la servitude qui pénalise les économies africaines ».
    L’économiste ivoirien Nicolas Agbohou, dans son ouvrage ‘le franc CFA et l’euro contre l’Afrique’, ne cesse d’appeler les Africains à mettre fin au franc CFA par la création d’une monnaie unique par le truchement d’une banque centrale africaine.
    L’autre poids lourd contre le franc CFA, c’est le feu Camerounais Tchundjang Pouemi. Voici ce qu’il dit dans son livre intitulé ‘monnaie, servitude et liberté’ : « faute d’accorder aux questions monétaires l’attention qu’elles méritent, l’Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés, des souffrances tout à fait gratuites ».
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