mardi, juillet 28, 2026
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    Bénin : l’Assemblée nationale sur les traces d’une nouvelle initiative scientifique avec le Fa

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    La 2è édition des ‘Vodun Days’, c’est dans quelques jours. En prélude à ces jours chers pour le Bénin, l’Assemblée nationale a organisé une conférence-débat pour permettre aux députés de mieux comprendre le Fa. Une rencontre animée par Prof. Mahougnon Kakpo, écrivain, enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi et placée sous le thème : ‘le Fa, la gnose Ajè et la mécanique quantique, culture africaine, culture scientifique’.
    « L’objectif de la présente conférence-débat est de montrer que le fa, sagesse universelle, savoir encyclopédique élaboré par nos illustres aînés depuis plusieurs millénaires, est la gnose d’où sont originaires toutes les sciences aujourd’hui avérées, notamment l’alchimie, Ajè développée dans l’ancienne cité Ifè dans la partie orientale de la savane du Bénin », a lancé le président de l’Assemblée nationale béninoise, Louis Gbèhounou Vlavonou.
    Selon lui, pendant la période coloniale, la science européenne a souvent été présentée comme supérieure et plus avancée. Tandis que, a-t-il relativisé, les connaissances et savoirs africains étaient marginalisés, dénigrés, considérés comme n’obéissant à aucune règle scientifique et même perçus comme primitifs.
    « Pourtant, les sociétés africaines ont développé des systèmes de connaissance et des pratiques scientifiques bien avant la colonisation, dans des domaines comme l’astronomie, l’agriculture et la métallurgie. En Egypte par exemple, une riche tradition est installée et pérennisée dans les domaines tels que les mathématiques, la médecine et l’architecture », a-t-il précisé.
    En Egypte antique, les pyramides construites dans l’antiquité par des noirs africains, demeurent une fascination et des objets de recherche pour la science occidentale qui n’y comprend pas grand-chose.
    Si ces pratiques n’obéissent certainement pas aux normes établies par les occidentaux, pense le président de l’Assemblée nationale, un effort croissant est réservé depuis de nombreuses années pour réévaluer les liens entre la science européenne et la culture africaine. Aujourd’hui, a-t-il conclu, les pratiques africaines gouvernent les prétentions scientifiques telles que le démontrent plusieurs études notamment le vaste domaine du Fa.
    Pour le conférencier Prof. Mahougnon Kakpo, à travers cette conférence, il s’agit d’amener les représentants du peuple à se décomplexer lorsqu’ils parlent des valeurs et traditions africaines, de ne pas croire que les cultures africaines sont dépourvues de science.
    « C’est une vue de l’esprit que de dire qu’il y a une sorcellerie blanche et une sorcellerie noire. La sorcellerie, c’est le pouvoir et la science et la sagesse. Le fa est en réalité ce qui comporte toutes les sciences avérées et celles qui ne sont pas encore. Il y a un siècle, on ne connaissait pas la mécanique ou la physique quantique », a-t-il rappelé.
    Le problème du Fa, selon cet écrivain qui y a consacré plusieurs ouvrages de renom, c’est qu’on le connaît malheureusement par la divination. « Or, la divination n’est qu’une infirme partie du Fa. Le Bo, les connaissances dans les autres matières sont dans le Fa. Il faut seulement savoir l’appréhender pour pouvoir comprendre. Le Fa et le Vodun ne sont pas la même chose. Ils sont logés dans des dimensions différentes. Le vodun est un esprit qui émane de l’être absolu, non pas par engendrement mais par émanation », a-t-il expliqué.
    L’Afrique a perdu l’initiative scientifique
    Faut-il le rappeler, les ancêtres des Africains étaient des gens de très haute facture scientifique. L’histoire de l’Egypte antique et des nombreux royaumes qui se sont développés dans l’Afrique subsaharienne le prouve à suffisance. Mais, la version africaine qu’on a depuis quelques siècles a malheureusement perdu l’initiative scientifique. Les Africains formés à l’école occidentale dans leurs propres pays, continuent de répéter la science occidentale et ignorent tout de leur glorieuse histoire. L’école et même l’université n’en font pas cas.
    Quelles solutions pour l’Afrique ?
    L’écrivain et initié Mbog camerounais Mbombog Bassong pense qu’il suffit aux Africains de revenir à leur spiritualité pour reconquérir le monde de nouveau. Le Bénin est-il sur la bonne lancée ? En tout cas, pour une bonne partie de l’opinion africaine formée à l’école occidentale, il n’y a aucune relation entre science et spiritualité. Idriss Aberkane, un jeune écrivain français, dans son ouvrage intitulé ‘Libérez votre cerveau’, pense le contraire : « opposer science et spiritualité, c’est opposer des modules fondamentaux de notre être, et susciter en nous une guerre civile dont nous ne sortirons jamais gagnants. Opposer science et spiritualité reviendrait à opposer nos deux mains qui sont censées travailler ensemble ».
    En tout état de cause, la rationalité, la science et le formalisme ne peuvent être universels comme le soutient Jean-Marc Levy-Leblond.
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