mercredi, juillet 29, 2026
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    Togo : le débat sur l’apprentissage de la langue maternelle relancé avec ce dictionnaire

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    Nous l’annoncions en février dernier. Le dictionnaire français-eʋe intitulé ELE NAM BE MADO EƲƏGBƏ, ce qui signifie en français ‘il faut que je parle eʋe, est finalement en vente. Un projet qui voit le jour, 119 ans après la publication du premier dictionnaire eʋe-allemand dont l’auteur est Dietrich Westermann, un Allemand. Il a été dédicacé à la suite d’une cérémonie qui a eu lieu ce vendredi à la présidence de l’Université de Lomé (UL).
    C’est en présence du directeur de la bibliothèque et de la promotion littéraire, représentant le ministre de la culture, du premier vice-président de l’UL, des membres de l’académie eʋe, des enseignants chercheurs et des étudiants.
    Ce dictionnaire de 560 pages, un cocktail de 120.000 mots, vocables, termes et locutions français et eʋe, une des langues les plus parlées au Togo et dans les pays du Golfe de Guinée, est édité chez Awoudy.
    Selon le préfacier, Prof. Joseph Koffi Tsigbe, l’aventure de rédaction d’un dictionnaire n’appartient pas à une seule personne. C’est un travail collaboratif et académique mais BABA Attitso-Kokou Kuizian l’a fait seul.
    « Avec cet ouvrage, il a le mérite de sortir des sentiers battus en améliorant l’existant. C’est une véritable contribution à l’avancée de la science et un projet qui ouvre la voie à plusieurs chantiers. L’auteur suscite ainsi le débat sur l’enseignement de la langue maternelle », s’est-il réjoui.
    Pour Edem Afoutou, vice-président de WANEP-Togo, les recherches scientifiques prouvent à suffisance que l’enseignement en langue maternelle est un facteur essentiel d’inclusion et d’apprentissage de qualité, qui améliore les acquis de l’apprentissage et les performances scolaires.
    « Mais, la triste réalité dans nos sociétés africaines est que les outils, programmes et contenus d’enseignement et d’apprentissage n’ont pas toujours pu refléter la diversité linguistique, car ils sont largement dispensés dans les langues officielles dominantes avec un contenu tourné vers les réalités qui ne prennent pas en compte l’environnement immédiat de l’apprenant. Ceci augmente le risque de perte d’apprentissage, de décrochage et d’exclusion. Nombre d’enseignants ne disposent pas non plus des compétences, des outils et de la préparation nécessaires pour enseigner dans nos langues maternelles », a-t-il regretté.
    Ce dictionnaire, pour le représentant du ministre, revêt une importance pour les chercheurs et les étudiants.
    Finalement, on ne sait plus quelle langue on parle !
    Pour l’auteur BABA Attitso-Kokou Kuizian, ce projet aura pris 10 ans. A sa base, il y a un constat : la plupart des cadres de l’administration togolaise peinent à communiquer avec les communautés à la base en langues nationales et surtout en eʋe. « Nous avons remarqué qu’il leur manque un lexique approprié, une bonne maîtrise des termes, vocables, mots et locutions français en eʋe. Voilà pourquoi nous avons mené des recherches sur la lexicologie et la lexicographie eʋe et la philologie d’anciens documents et textes eʋe pour mettre à disposition des locuteurs eʋe ce dictionnaire », a-t-il précisé.
    Ce dictionnaire permettra aux cadres de l’administration de mieux se comprendre et de comprendre les communautés à la base. Il viendra donc corriger le greffage constaté dans la communication entre les langues nationales et le français.
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