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Alors que se déroulait ce vendredi à Paris la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques 2024, à Cotonou, les Béninois rendaient hommage à l’un des rois du Dahomey, le célébrissime Gbehanzin. C’est à travers une comédie musicale dénommée ‘le trône de Behanzin’.
Une pièce riche en enseignements et composée 112 ans après la mort de Behanzin, un chapitre artistique tiré de l’histoire culturelle du Bénin, notamment du roi Behanzin et des guerrières qu’on appelle Amazones et dont le vrai nom est Agodjié.
« Nous racontons par les mots qui sont les nôtres, par les enjeux qui sont les nôtres l’histoire de notre royaume et quelqu’un d’autre ne nous l’a écrite. Nous l’avons écrit nous-mêmes, nous sommes allés à la source pour composer, sur la base de la récolte d’éléments factuels qui sont des éléments de l’époque, une pièce qui a de la résonnance autant dans le passé que et surtout pour le peuple contemporain que nous sommes et qui raconte l’histoire de Behanzin », indique Didier Nassegande, metteur en scène de cette comédie musicale pour laquelle les Béninois ont fait salle comble.
Qui était Behanzin ?
Jusqu’au jour où certains africains se décidèrent d’écrire la vraie histoire de l’Afrique, tout ce qu’on connaissait de ce grand homme venait de l’historiographie occidentale. Selon Wikipédia, Behanzin est considéré comme un héros par nombre de Béninois. Comme s’il n’en était vraiment pas un !
Selon Cheikh Anta Diop dans ‘Nations nègres et culture’, Behanzin fut un roi qui a magnifié le matriarcat à travers la constitution de 2 assemblées parlementaires, une pour les hommes et l’autre pour les femmes. Et c’est d’ailleurs, selon cet érudit sénégalais, cette dernière chambre qui décidât, à la suite de la réunion de la chambre des hommes, d’entrer en guerre contre les troupes françaises conduites par le général Dodds. Un petit pan de l’histoire qui montre que la promotion du genre ces dernières années n’est rien comparée à ce que ce roi béninois a fait.
Lors d’une conférence sur la haute science africaine qui a eu lieu à l’Université de Lomé en décembre 2023, le professeur Kakpo Mahougnon de l’Université d’Abomey-Calavi a fait savoir que l’une des puissances de Behanzin lui venait du dédoublement. Alors qu’il était au front aux côtés de ses troupes qui luttaient contre le colonialisme, il était en même temps dans son palais de Djimé, avait-il dit.
Et c’est devant les troupes françaises qu’il a montré ses capacités guerrières en livrant une réplique sanglante. Lors du déroulé de cette comédie, on apprend qu’une guerrière a tué elle seule 14 soldats français.
Le cinéma africain doit jouer son rôle
D’où vient cette géniale idée à ces jeunes béninois de faire cette comédie musicale ? C’est la grande question qu’on se pose depuis l’annonce de cette comédie musicale. Si ce geste cinématographique est fort apprécié, d’aucuns critiquent depuis des années le cinéma africain de vouloir à tout prix copier ce que font les occidentaux. Alors que l’Afrique regorge de grandes histoires comme celle de Behanzin dont personne ne parle jamais. Sur chaque territoire africain, il y a de millions d’histoires cachées. On se demande quel rôle le cinéma veut jouer en Afrique. Doit-on parler d’amour, de haine, de famille, de savoir vivre etc alors qu’on ne connaît pas son histoire et qu’on ignore tout de ses origines ?
De l’Egypte antique aux empires et royaumes du Moyen-Âge, les prouesses des hommes et des femmes reines ou guerrières ne manquent pas. Des civilisations toutes animées par des Noirs qui n’intéressent personne. Aucun film africain ne retrace comment les millions d’Africains, dans la résistance et le sang, sont enchaînés, vendus et déportés sur le fameux nouveau continent. La centaine d’années de colonisation, avec à la clé plusieurs crimes, ne retient l’attention. Une situation qui continue de nourrir l’historiographie du chasseur au détriment de celle du lion tué. Même les lionceaux finissent par croire à l’histoire telle que racontée par le chasseur.
Tout ceci fait dire aux uns et aux autres que les cinéastes doivent joueur leur rôle, celui de restituer les histoires, en passant de l’écrit à l’image.
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