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La session normale de l’examen du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) commencée depuis ce lundi sur le territoire togolais est toujours en cours. Ce mardi, les 137.000 candidats ont composé dans des matières comme la dictée et la rédaction. Cette dernière a complètement plongé les candidats à cet examen qui ouvre les portes du lycée, dans la culture et la tradition africaines.
Les candidats ont d’abord été appelés à répondre à des questions après avoir lu et compris un texte qui parle de la cérémonie traditionnelle de sortie d’un nouveau-né. Dans le texte tiré du livre intitulé ‘le fils du fétiche’ et dont l’auteur est David Ananou, il était question d’un nouveau-né qui devrait, au cours d’une cérémonie, sortir pour la première fois de la chambre pour voir le soleil et prendre contact avec le monde extérieur. Une cérémonie en pleine perdition en Afrique, et à laquelle la presque totalité des élèves citadins n’ont jamais pris part. Même la grande majorité des élèves qui sont au village, du fait de la forte pénétration des religions importées, sont aussi concernés par le même constat. Une cérémonie au sortir de laquelle on choisit le nom du nouveau-né.
Dans le texte proposé, à la fin de la cérémonie, l’enfant prit le nom de ‘Dansou’, c’est-à-dire ‘le fils de Dan’, une des 4 principales divinités gouvernant les conditions d’existence de la vie.
Faut-il le rappeler ? Ces noms ont presque aussi disparu. A la place des noms africains, les parents d’aujourd’hui préfèrent donner à leurs enfants qui viennent au monde des noms importés dont on ne connaît même pas la signification dans la plupart des cas.
Le sujet de rédaction de la session normale de 2024 a aussi une seconde partie. Ici, les candidats ont 2 sujets au choix. Le sujet B parle du ‘complexe du civilisé’ et de l’influence des religions importées sur la tradition africaine. Il est demandé aux candidats au BEPC 2024 de présenter, dans leur tradition, les facteurs ou critères de nomination des prénoms aux nouveau-nés. Il leur est également demandé de décrire la cérémonie dans laquelle ces prénoms sont attribués aux bébés.
Est-ce un appel des pieds aux parents à veiller à ce que leurs enfants ne perdent pas de vue la tradition et la culture africaines ?
Pour plusieurs voix, cette façon d’interroger les élèves sur leur tradition et leur culture est la bienvenue. Mais, encore faut-il, disent ces personnes, que des curricula bien définis parlent aux élèves togolais de leur histoire, de leur origine et de leur culture, en se basant sur des penseurs africains comme Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga, Molefi Kete Asante, Kalala Omotunde, Amadou Hampate Bâ et bien d’autres. Car, selon eux, aucun développement n’est possible à quiconque s’éloigne de sa culture.
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