mardi, juillet 28, 2026
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    Afrique : l’image que devraient vendre et approfondir les écoles et universités

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    L’Afrique a des problèmes. De très sérieux problèmes ! Esclavagisée pendant des siècles puis colonisée pendant à peu près 100 ans, cette Afrique balkanisée à la Conférence de Berlin, ne connait pas sa vraie histoire. Tout est fait pour que ses fils et filles boivent jusqu’à la lie le mépris d’elle-même qu’on a toujours pris le soin de leur vendre. Au point où en ce 21è siècle, on est à l’effacement total du monde noir au profit des autres. L’Africain se sent bien dans la peau de l’autre, jamais bien dans sa propre peau.
    En effet, tout est fait pour que l’Africain, aussi intellectuel soit-il, pense qu’il n’y a jamais eu rien de bon chez lui. L’école et l’université africaines sont des lieux qui empoisonnent le mieux l’esprit de l’Africain. Pour l’Africain, aussi intellectuel soit-il, l’Afrique, berceau de l’humanité, n’a jamais fait rien de bon.
    Des clichés savamment orchestrés qu’aucun plan africain n’arrive à démonter. Tout est fait pour que ce continent qui fait vivre les autres et dont ils ne peuvent jamais se départir, soit le lieu où règne la poisse pour ses propres enfants. La preuve, on vit aujourd’hui la vie des autres sur tous les plans. On croit dur à la démocratie comme on croit aux dieux qu’on a bien pris le soin de nous vendre. L’Africain est celui ou celle qui est sûr que ceux qui créent les problèmes chez lui, sont les mêmes dont doit venir son salut. Aujourd’hui, tout divise les Africains, même le plus simple. Ils croisent les doigts en attendant qu’il plaise à leur sauveur de descendre.
    Et pourtant !
    Des textes des voyageurs portugais du 15è au 18è siècle cités par l’écrivain allemand Viktor Léo Frobenius dans ‘Histoire de la civilisation africaine’ traduit par Back et Ermont, Gallimard 1938, 5ème édition, pages 14 et 15, on raconte toute une autre histoire sur l’Afrique.
    « Non pas que les premiers navigateurs européens de la fin du Moyen Age n’eussent fait dans ce domaine de très remarquables observations. Lorsqu’ils arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagés, bordées sur une longueur de plusieurs lieux par deux rangées d’arbres : ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habitée par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes. Plus au sud, dans le royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés, et cela, dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique par exemple ».
    « Les révélations des navigateurs du 15è au 18ème siècle fournissent la preuve certaine que l’Afrique Nègre qui s’étendait au sud de la zone désertique du Sahara était encore en plein épanouissement dans l’éclat de civilisations harmonieuses et bien formées. Cette floraison, les conquistadors européens l’anéantissent à mesure qu’ils progressaient. Car le nouveau pays d’Amérique avait besoin d’esclaves et l’Afrique en offrait : des centaines, des milliers, de pleines cargaisons d’esclaves ! Cependant, la traite des Noirs ne fut jamais une affaire de tout repos : elle exigeait sa justification ; aussi, fit-on du nègre un demi-animal, une marchandise. Et c’est ainsi que l’on inventa la notion de fétiche (qui vient du portugais ‘feticeiro’) comme symbole d’une religion africaine. Marque de fabrique européenne ! Je n’ai vu dans aucune partie de l’Afrique Nègre les indigènes adorer des fétiches. L’idée du nègre barbare est une invention européenne qui a, par contrecoup, dominé l’Europe jusqu’au début de ce siècle ».
     Ce n’est pas Ibn Batouta, un écrivain arabe qui dira le contraire dans son livre intitulé ‘Voyage au Soudan’, page 36 : « De ce que j’ai trouvé de bon dans la conduite des Noirs. Les actes d’injustice sont rares chez eux ; de tous les peuples, c’est celui qui est le moins porté à en commettre et le Sultan (roi nègre), ne pardonne pas  jamais à quiconque s’en rend coupable. De toute l’étendue du pays, il règne une sécurité parfaite. On peut y demeurer et voyager sans craindre le vol ou la rapine. Ils ne confisquent pas les biens des hommes blancs qui meurent dans leur pays, quand même la valeur en serait immense ; ils n’y touchent pas ; au contraire, ils préposent à l’héritage des curateurs choisis parmi les hommes blancs et il reste entre leurs mains jusqu’à ce que les ayant-droit viennent le réclamer’.
    Textes tirés de ‘Nations nègres et culture’ de Cheikh Anta Diop
    Ecrit par Kofi Telli
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