- Advertisement -
Les jours de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), créée il y a 49 ans, sont-ils comptés ? Nul ne peut l’affirmer. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette organisation sous régionale créée par des militaires au pouvoir, a aujourd’hui de sérieux problèmes avec des militaires au pouvoir.
De 15 Etats membres au départ, l’organisation se retrouve à partir de ce 28 janvier à 12 membres. Et pour cause. Le Mali d’Assimi Goïta, le Niger d’Abdouramane Tiani et le Burkina Faso d’Ibrahim Traoré viennent de se retirer de cette organisation sous régionale d’Afrique de l’ouest.
Dans un communiqué conjoint, les 3 pays fondateurs, suspendus de cette organisation à la suite de coups d’Etat respectifs entre 2021 et 2022, font grief à cette organisation de s’éloigner des idéaux des pères fondateurs.
Doit-on le rappeler ? Cette organisation au départ économique et qui au fil des années a acquis une envergure politique, a été imaginée par 2 militaires au pouvoir. Tout a commencé en 1972 avec le général Yakubu Gowon du Nigeria et le général Eyadema Gnassingbé du Togo qui ont proposé la création d’une zone d’intégration régionale.
Ils arrivent à faire accepter l’idée par 12 autres chefs d’Etat, parmi lesquels le général Aboubacar Sangoulé Lamizana de la Haute Volta (actuel Burkina Faso), le général Moussa Traoré du Mali et le lieutenant-colonel Seyni Kountché du Niger.
Aujourd’hui, des militaires au pouvoir dans ces 3 derniers Etats, ne veulent plus de cette même CEDEAO créée par leurs prédécesseurs. Il s’agit du colonel Assimi Goïta du Mali, du général Abdouramane Tiani du Niger et du capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso.
Voici ce qu’ils reprochent à la CEDEAO que leurs prédécesseurs ont construite : « après 49 ans d’existence, les vaillants peuples du Burkina Faso, du Niger et du Mali constatent avec beaucoup de regrets, d’amertume et une grande déception que leur organisation s’est éloignée des idéaux de ses pères fondateurs et du panafricanisme. En outre, la CEDEAO, sous l’influence de puissances étrangères, trahissant ses principes fondateurs, est devenue une menace pour ses Etats membres et ses populations dont elle est censée assurer le bonheur ».
Concrètement, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne sont pas contents que la CEDEAO se transforme en leur bourreau, alors même qu’ils avaient le plus besoin d’elle. Les 3 chefs d’Etat reprochent à cette organisation de n’avoir servi à grand-chose, sinon à rien du tout dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.
« Pire, soutiennent-ils, lors que ces Etats ont décidé de prendre leur destin en mains, elle a adopté une posture irrationnelle et inacceptable en imposant des sanctions illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes ».
Composée de 15 Etats membres, la CEDEAO issue du Traité de Lagos du 28 mai 1975 ne compte plus que le Bénin, le Cap vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.
- Advertisement -







