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Le harcèlement sexuel n’est pas étranger à la corporation des médias. C’est un phénomène silencieux qui gagne plutôt du terrain dans ce secteur. Plusieurs femmes journalistes en souffrent mais n’osent hausser le ton. C’est en tout cas ce qu’une conférence-débat de l’Association des femmes professionnelles de médias au Togo (AFPM-Togo) a démontré vendredi à Lomé. Un grand débat passionnant a suivi un panel.
Au cours de cette rencontre placée sous le thème : ‘harcèlement des femmes professionnelles des médias, un frein à l’épanouissement socio-professionnel’ et à laquelle ont pris part plusieurs journalistes, hommes et femmes, des étudiants d’ESICA et plusieurs stagiaires, plusieurs témoignages ont été rendus. C’est en présence des patrons d’autres organisations de presse.
Des témoignages vidéo passés, l’assistance a pu retenir qu’il y a de nombreux cas de harcèlements. Plusieurs d’entre eux ont conduit à l’humiliation verbale et à des intimidations.
Pour l’AFPM-Togo a organisé cette conférence ? Elisabeth Apampa, présidente de l’association plante le décor : « dans les médias, nous avons remarqué que les stagiaires, nos sœurs qui viennent se confier à nous, sont véritablement dans cette culture du silence et de la peur. Elles n’arrivent pas à porter plainte. C’est lorsqu’elles sont véritablement beaucoup plus en confiance qu’elles commencent par dire certaines choses mais taisent d’autres. Lorsque cette initiative de lancer cette association est arrivée, avec les autres consœurs, on n’a fait le constat que nous n’en parlons pas souvent. Il y en a d’autres consœurs qui ont vécu des choses, pas forcément les mêmes choses mais cela touche à la question du harcèlement. Nous nous sommes dit qu’on doit poser le débat et briser le silence sur le sujet ».
Selon elle, un journaliste homme peut draguer sa consœur. Cependant, a-t-elle ajouté, il y a une frontière entre la drague et le harcèlement. « A partir du moment où une femme dit non mais on l’intimide, on utilise des stratégies pour menacer pour lui faire croire que si elle n’accepte pas, elle ne va pas évoluer dans sa carrière, il y a harcèlement », a-t-elle précisé, ajoutant qu’il y aura d’autres rencontres sur la question jusqu’à ce qu’on trouve des approches de solution.
Elisabeth Apampa, présidente de l’AFPM-Togo
D’ores et déjà, elle affirme que l’AFPM-Togo va accompagner les femmes journalistes harcelées aux fins de dénonciation.
Le président du CONAPP, Arimiyao Tchagnao, est l’un des participants à cette conférence qui a posé plusieurs questions. « Nous, professionnels des médias, avons toujours parlé du harcèlement sexuel dans nos milieux sociaux et professionnels. C’est la première fois qu’on parle du harcèlement à l’intérieur de notre corporation. Les témoignages nous ont édifiés et nous permis de comprendre que les mêmes choses que nous critiquons et dénonçons dans d’autres milieux, se passent chez nous », a-t-il marqué.
Il pense qu’il faut cependant faire la part des choses pour qu’on connaisse les limites de la drague et du harcèlement. Car, selon lui, si on ne prend garde, les jeunes filles dans la corporation vont finir seules.
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