Le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a procédé mardi à Timbou dans la préfecture de Cinkassé, au lancement du paiement des transferts monétaires. Partie du projet Filets sociaux et services de base (FSB), les transferts monétaires visent 61.000 ménages issus de 685 villages des 209 cantons les plus pauvres de toutes les régions économiques du Togo, qui percevront tous les 3 mois pendant 2 ans, la somme de 15.000 francs CFA.
Cet événement a mobilisé plusieurs personnalités dont le Premier ministre, Komi Sélom Klassou, la Représentante résidente de la Banque mondiale au Togo, Hawa Cissé Wague, plusieurs ministres du gouvernement, des représentants des institutions du Système des Nations Unies au Togo et le Directeur général de la société de téléphonie mobile Moov-Togo.
Avec ces 5.000 francs CFA par mois, ces ménages pauvres pourront assurer leurs besoins d’alimentation, de santé, de scolarisation des enfants, et pour la constitution de petites épargnes en vue du démarrage d’activités génératrices de revenus. L’objectif, c’est d’accroître le revenu et la consommation des ménages ciblés et, de ce fait, leur capacité à faire face aux chocs.
Selon Mazalo Kadanga, Directrice générale de l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), la structure étatique en charge de la mise en œuvre de cette initiative, les transferts s’effectueront à travers des points de paiement Moov dans les villages concernés et le financement annuel dédié, à ce jour, aux transferts monétaires s’élève à 4,32 milliards de francs CFA, dont 3 milliards de la Banque mondiale et 1,32 milliard de l’Etat togolais.
« L’opération cible à terme 120.000 ménages pauvres. 52.000 d’entre eux ont été identifiés de façon participative, sur la base d’une enquête rigoureuse réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), enquête dont les résultats ont été soumis à l’adoption des communautés concernées lors des assemblées villageoises organisées à cet effet », a-t-elle annoncé.
Plusieurs femmes bénéficiaires de ces transferts monétaires dans sa phase pilote ont témoigné lors de la cérémonie de lancement, en présence des autorités. Selon une bénéficiaire venue du village de Samnava, le transfert monétaire lui a permis d’offrir à ses enfants de la sauce qui contient de ‘petits poissons’, d’aller à l’école ou d’apprendre un métier.
« L’argent qu’on nous donne, ce n’est pas pour payer des pagnes, des pommades éclaircissantes ni pour payer des produits pouvant permettre à l’homme de nous tenir mieux au lit », a-t-elle lancé à l’endroit de ses semblables.
Dans son discours de lancement de ce projet, la ministre en charge du Développement à la base, Victoire Tomegah-Dogbe a souligné que la croissance ne vaut que par sa capacité à être inclusive.
« Aucun Togolais ne doit rester sur le côté de la route, aucune femme ne doit mourir en donnant naissance à un bébé, tout enfant togolais a le droit de grandir dans de meilleures conditions. Tout jeune ou toute femme ayant la détermination et la capacité de travailler, doit être accompagné », a-t-elle rassuré.
Il faut signaler que les transferts monétaires sont une sous-composante du projet FSB que l’Etat togolais et la banque mondiale financement à hauteur de 17,4 milliards de francs CFA. Comme dans la mise en œuvre des filets sociaux, l’ANADEB s’illustre également dans la mise en place des infrastructures de base, l’accompagnement des communautés urbaines, péri-urbaines et rurales dans la gestion de leur développement, le renforcement des capacités des acteurs à la base, l’amélioration des revenus des groupements et coopératives et l’insertion socio-professionnelle des jeunes.
Pour information, le lancement du paiement des transferts monétaires s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) et de la célébration, le 27 avril prochain, du 59ème anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale.







