‘Pas d’élections au Togo sans les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales’. Nous demandons à tous les citoyens togolais qui cherchent véritablement la paix, d’entrer en résistance contre ce régime parce qu’il veut organiser des élections sans les réformes ».
Tel est l’appel lancé ce lundi, jour marquant la commémoration des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), en conférence de presse à Lomé par le mouvement des forces vives ‘Espérance pour le Togo’, une organisation composée d’hommes et de femmes issus des confessions religieuses chrétienne, musulmane, traditionnelle et des organisations de la société civile.
« Ce qui est en jeu actuellement, ce n’est pas une situation d’un parti politique mais un problème de toute la nation. Toutes les initiatives qui visent la résistance au régime dictatorial pour la liberté du peuple togolais, seront soutenues par les forces vives espérance », ont martelé les responsables de ce mouvement.
Pour eux, il suffit que ces initiatives de résistance au régime de Faure Gnassingbé respectent deux logiques : qu’elles luttent contre le coup de force électoral en préparation et qu’elles sont conformes aux principes du mouvement, spécialement celui de la non-violence.
Pour sa part, ce mouvement chapeauté par le révérend père Pierre Marie-Chanel Affognon compte organiser dans les tous prochains jours, trois (3) types d’actions de résistance. La première action est ‘la prière’. Le jeudi 13 décembre à midi, une messe aura lieu à la paroisse Saint Martyr de l’Ouganda à Tokoin, et le lendemain, ne prière musulmane à la mosquée de Cacavéli. La boucle de cette première action sera bouclée le dimanche 16 décembre par un culte protestant au collège protestant de Lomé.
Le 2ème type d’action est selon les organisateurs, ‘l’expression culturelle’. A cet effet, un concert gratuit avec des chorales et des artistes engagés sera organisé le vendredi 14 décembre à l’Agora Senghor de la paroisse universitaire de Lomé.
Le 3ème type d’action est un ‘échange citoyen’ : un grand rassemblement citoyen pour la résistance aura lieu le dimanche 16 décembre au bas-fond du collège Saint Joseph de Lomé.
« Il est temps pour toi de dire que le Togo est notre patrimoine commun et qu’à ce titre, l’avenir de ce pays nous concerne tous. La vie de tout un peuple ne peut plus dépendre d’un parti politique ou d’une minorité. Ton ‘non’ aux élections législatives est nécessaire pour notre pays. Mais il sera aussi signe de renaissance pour tout un continent en quête de liberté et d’institutions libres et crédibles ». Tel est l’appel lancé à tous les Togolais dans la déclaration de circonstance.
Le mouvement a aussi lancé un appel aux forces de l’ordre et de défense : « vous êtes avant tout des citoyens, vous ne pouvez plus continuer à tuer vos frères et sœurs qui luttent pour le bien-être de tous. Il est temps pour vous de prendre vos responsabilités et de ne pas vous réfugier derrière des ordres. La vie de l’homme est sacrée. Notre lutte vous libérera vous aussi ».
Pour ce mouvement de la société civile, le silence par lequel brille la CEDEAO ressemble beaucoup plus à une ‘complicité’ ou à une ‘compromission’. « Comment cette institution qui s’est déjà illustrée en 2005 de façon négative et qui avait une obligation de réussite pour redorer son blason aux yeux du peuple togolais, assiste à ce qui se passe sans prendre position de façon ferme, sans rappeler le gouvernement à ses obligations ? », se demande ‘Espérance pour le Togo’.
Pour rappel, les affrontements issus des manifestations de rue auxquelles a appelées la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise pour exiger le report des élections législatives du 20 décembre prochain, et que le gouvernement a interdites, ont déjà fait des morts à Lomé et à Sokodé.







