« Quand je suis allé voir mon fils, il avait le sang plein la poitrine et à coup sûr, il n’était plus vivant. Que s’est-il passé, ai-je demandé ? On m’a dit qu’il a été tué avant qu’on ne le leur apporte et on m’a demandé d’aller enterrer la dépouille. Mais pourquoi ? ». Ces propos sont ceux du père de Joseph Kokou Zoumekey, un enfant de 13 ans qui a trouvé la mort le 18 octobre 2017 à Bè-Kpota à Lomé, lors des troubles sociopolitiques.
Neuf (9) mois après que son corps a été déposé à la morgue, les résultats de l’autopsie exigée par sa famille pour savoir les causes de sa mort, sont tombés. Devant la presse ce mardi, sa famille a annoncé que cet enfant envoyé par sa mère pour faire des achats de condiments mais qui n’est plus revenu à la maison, est décédé d’une mort violente par arme à feu.
« Ce rapport vient porter à faux, les allégations qui niaient la mort d’un enfant par balles à Bè-Kpota le 18 octobre 2017 », lance la famille du jeune garçon qui était en 6ème au moment des faits.
A cette rencontre avec la presse, la famille a fait savoir que le corps du jeune garçon sera enterré le samedi prochain. « L’enterrement ne met cependant pas un terme à notre désir de justice et de vérité », préviennent les organisateurs de cette rencontre avec la presse.
« Notre démarche n’est pas un acte de vengeance. Nous n’avons même pas les moyens. Notre conscience et notre croyance nous l’interdisent fortement. Notre seul désir, le seul qui nous importe et qui nous anime est de contribuer ou d’aider d’une manière ou d’une autre à mettre fin à ce cycle infernal au Togo. Nous n’en pouvons plus, nous n’en pouvons plus. Chacun doit faire le nécessaire », indique un message porté par cette famille.
Allusion est ainsi faite à un autre enfant de 14 ans mort dans les mêmes circonstances en septembre 2017 à Bafilo au nord du pays. Selon Amnesty International, il a reçu des balles tirées par des forces de l’ordre à la poitrine.
La famille Zoumekey demande alors au procureur de la République, près le tribunal de Lomé, qui a commis un médecin légiste en vue de l’autopsie, de continuer et de finir le travail qu’il a commencé et ouvrant une enquête devant conduire au dévoilement des auteurs de la mort de cet enfant.







