Le président de l’Université de Lomé, Pr Dodzi Komlan Kokoroko et son collaborateur, le directeur adjoint de la Direction des affaires académiques et de la scolarité (DAAS), Pr Kossivi Hounaké sont-ils dans l’œil du cyclone dans l’affaire de la ventilation des dossiers du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) de cette année 2018 ?
Dans une interview accordée au site d’informations actu-togo.com, Victor Tokpanou, maître de conférences de sciences politiques dit que la voie est désormais ouverte pour la saisine de la commission d’éthique et de déontologie. Et pour cause, le Béninois reproche à ses 2 collègues togolais des faits ‘constitutifs d’entrave à la procédure d’inscription sur les listes d’aptitude du CAMES’.
« A l’heure actuelle, nous cherchons à authentifier par voie d’huissier de justice les déclarations de M. Kokoroko à l’Alternative », a-t-il déclaré.
A l’origine de cette affaire, un enseignant-chercheur à l’UL et expert du CAMES qui dit n’avoir reçu ni le dossier physique, ni le dossier numérique qui lui ont été soumis par le CAMES. M. Tokpanou y entrevoit une ‘pratique immorale et amorale’.
« Une infime minorité se met en réseau pour prendre en otage les organes du CAMES pour faire du tort à l’immense majorité. Cette minorité se retrouve quasi exclusivement dans le CTS des sciences juridiques et politiques. Parmi cette minorité, il y a en bonne place les collègues togolais », a-t-il ajouté.
Selon lui, c’est inexact que la présidence de l’UL par voie de communiqué et le président de l’UL, dans une réponse envoyée au journal « L’Alternative », disent que le CAMES se charge d’envoyer le dossier physique à l’administration et la version électronique dans la boîte de chaque expert.
En effet, au paragraphe 2 du communiqué de la présidence de l’UL, il est dit que ‘la modernisation saluée par les universités membres, des procédures du CAMES, a permis de cibler les experts et d’envoyer directement dans leurs boîtes électroniques, les dossiers à évaluer’.
« Le CAMES n’envoie pas de dossier électronique dans la boîte des experts. Tous les dossiers physiques sont envoyés à l’administration qui transmet contre décharge aux experts désignés par le CAMES. C’est dans le dossier physique que l’expert retrouve une clé USB contenant la version électronique mais aussi et surtout un identifiant ainsi qu’un mot de passe de l’espace qui lui est réservé sur la plateforme du CAMES », a-t-il expliqué dans l’interview qu’il a accordée.
Autrement dit, a-t-il poursuivi, si l’expert ne reçoit pas de dossier physique, il ne pourra pas accéder à la plateforme commune du CAMES.
« C’est surprenant qu’un président d’université, plusieurs fois expert, méconnaisse à ce point la procédure en vigueur et donne une version aussi erronée de la procédure », ajoute-t-il.
Selon le Béninois, il ne revient pas à un président d’université de désigner des experts à la place du CAMES. « Il s’agit d’une faute lourde que l’on ne peut tolérer », soutient-il.







