Le programme de divertissement musical, The Voice Afrique francophone est une réussite qui fait scotcher des millions de téléspectateurs chaque samedi soir sur la chaîne panafricaine Vox Africa.
C’est une émission télé captivante où de jeunes talents de l’Afrique francophone n’ont que leur voix pour convaincre des coaches-artistes confirmés-et obtenir leur quitus pour continuer l’aventure. Ils doivent passer par plusieurs étapes notamment les auditions à l’aveugle, le quart de finale, la demi-finale et la finale. La phase finale de la deuxième édition se jouera le 14 avril 2018 entre huit candidats dont la Togolaise, Victoire Biaku.
En deux éditions, The Voice Afrique francophone affiche des scores à couper le souffle. 80 millions de vues sur YouTube et des dizaines de millions de téléspectateurs câblés. Même la promotrice de l’évènement, la Camerounaise Rolande Kammogné se dit « bluffée » devant cette percée figurante.
Dans un entretien dans l’émission de grande audience « 7 milliards de voisins » sur Rfi en début de semaine, Rolande Kammogné a dévoilé le secret de la réussite de ce programme qui fait le carton à travers le monde.
Pour la diplômée de l’université américaine de Columbia, The Voice Afrique francophone est une africanisation d’une formule de show qui fait ses preuves à travers le monde.
« The Voice est un phénomène planétaire et il est diffusé dans plus de 180 pays et chaque fois, il est numéro 1 en termes d’audience. Même en Afghanistan, ce show y marche pendant la guerre. Alors, on fait ce constat que l’Afrique ne peut pas être en marge des phénomènes planétaires. Pour nous, on s’est dit : le show coûte énormément cher surtout quand on voit le contexte de la conjoncture économique en Afrique ; quand même, la réussite de The Voice dans le monde force à croire qu’en Afrique ça marchera. Et on a fait ce pari-là en expliquant aux producteurs que pour nous, c’est de donner une âme africaine au show », a-t-elle dévoilé.
Loin d’être un divertissement, The Voice Afrique francophone, pour la Camerounaise tire sa force de l’opportunité qu’il offre à la jeunesse africaine de se réaliser et en même temps le rêve qu’il suscite en la nouvelle génération.
« Les jeunes africains ont besoin d’opportunités. Il y a un avant et un après The Voice pour tous les talents en termes de notoriété et ça vous donne déjà une carte de visite. Maintenant, les plus persévérants trouverons le moyen de poursuivre leur carrière (…) L’effet d’avoir eu déjà cette exposition a changé la vie de beaucoup », a-t-elle expliqué.
Et de poursuivre : « pour moi, ce n’est pas du divertissement (…) Un rêve est né dans une jeunesse africaine et je pense que le plus important est que tout part d’un rêve ».
Qui est Rolande Kammogné ?
Femme battante de nationalité camerounaise, Rolande Kammogné a passé son enfance à Yaoundé (la capitale du Cameroun). Elle obtient un Bac S au Lycée français Fustel de Coulanges avant de s’envoler, en 2000, pour les Etats-Unis en vue de poursuivre ses études. Elle décroche son diplôme d’ingénieur à l’université de Columbia.
C’est de là que tout a basculé. Durant son séjour, Mme Kammogné a fait l’amer constat de la méconnaissance de la culture africaine et afro-américaine par les Africains. De là, lui vient l’ambition de créer un média panafricain pour permettre aux Africains de toutes les horizons de se découvrir.
Après deux mois de stage en banque et finance, Kammogné renonce à sa carrière de banquière. Elle s’offre alors un stage dans une maison de production indépendante à New-York où elle apprend un projet de la création d’un média panafricain. Kamonier saisit l’occasion et intègre l’équipe d’analyse pour monter et présenter le business plan aux financiers. C’est ainsi qu’en septembre 2007, Kamonier pose ses valises à Londres pour créer la chaîne panafricaine Vox Africa. Elle est aujourd’hui âgée de 35 ans.
Jérémie Gadah







