Le discours prononcé par le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé au camp militaire de Témédja vendredi dernier, continue d’inquiéter les uns et les autres. Dans une déclaration rendue publique ce dimanche, l’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) trouve ce discours « indigné » et « dangereux ».
Selon cette organisation, le « chef de famille de la nation togolaise » n’a pas joué le rôle qui est le sien, celui de « garant de l’unité nationale ».
En « faisant allusion exclusivement à la mort des militaires, loin d’apporter l’apaisement et la paix indispensables pour le pays en cette période de crise, il vient aggraver la situation, car en lieu et place des paroles d’union et la réconciliation attendues, le chef de famille de la nation togolaise, par ses propos, a semé encore la division pour des fins inavouées », écrit le président de l’ASVITTO, Monzolouwè Kao Atcholi.
L’ASVITTO va jusqu’à dire que le gouvernement tirerait son profit dans la division plutôt que dans l’union et l’entente entre les militaires et les populations civiles.
Le fait pour Faure Gnassingbé de dire que les assassins des deux militaires tués seront activement recherchés et seront châtiés conformément aux lois en vigueur au Togo, souligne l’association, est normal et n’a d’ailleurs pas besoin d’être annoncé dans un pays de droit. Cependant, poursuit-elle, cette annonce semble disculper et innocenter les auteurs des assassinats des personnalités civiles (au moins 13) « décédées sous les balles des militaires depuis le 19 août 2017 ».
M. Atcholi et ses collaborateurs condamnent alors une prise de position « inacceptable », « indignes » et « belliqueux » qui est de nature à exacerber la tension actuelle dans le pays.
L’association de défense des droits des torturés invitent la classe politique dans son ensemble à la retenue et demande aux forces de l’ordre, de sécurité et de défense à la préservation vies humaines dans l’exercice de leur fonction.
Aux autorités judiciaires, l’organisation demande d’œuvrer pour une confiance des populations vis-à-vis de la justice togolaise.







