dimanche, novembre 1, 2026
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    Afrique : échec de l’Etat-nation et de la démocratie ; l’authentique société africaine, la solution 

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    Plus de 60 ans après les fameuses indépendances des enclos coloniaux, l’Etat-nation créé par le colon peine à donner des résultats positifs. Même la démocratie offerte comme une panacée à tous les problèmes des populations des enclos coloniaux devenus indépendants, suffoque. L’Etat-nation et la démocratie, il faut le dire, connaissent un échec cuisant. Une situation qui se complique partout en Afrique avec des diplômés qui, au lieu de proposer des solutions capables de sortir l’Afrique de l’ornière, prêchent pour des chapelles avec des textes qui ne répondent à aucune réalité africaine.
    L’Afrique va-t-elle continuer à envisager un processus d’évolution dans le même contexte ?
    Pour l’écrivain et initié camerounais Mbogbog Mbog Bassong, partout en Afrique noire, le modèle de l’Etat-nation et la démocratie qui l’accompagne, ont montré leurs limites, quel que soit l’Etat-nation. Comment envisager un processus de développement dans le contexte d’Etat-nation où règne le néocolonialisme, la corruption, la pauvreté, le chômage, la traite des enfants, les déviances sexuelles, les conflits fratricides, les guerres civiles, les génocides, les élections truquées, la ruse constitutionnelle, les putschs militaires, le pillage des ressources etc.
    Il est plus qu’indispensable de réhabiliter politiquement le pouvoir africain authentique. Pour arriver à cette conclusion très sévère et encore impopulaire en Afrique, ce penseur aborde cette question lancinante dans un de ses livres intitulé ‘La pensée africaine : essai sur l’universisme philosophique’.
    Dans ce livre, le Camerounais appelle l’Afrique à revenir à l’authentique société africaine. Si on ne le fait pas, soutient-il, l’Afrique sera peut-être perdue pour de bon.
    Un retour à l’authentique société africaine
    Pour lui, il faut penser autrement l’Etat de droit. Et l’idée qui émerge de ce constat d’échec de l’Etat-nation et de la démocratie, c’est celle d’une indispensable réhabilitation politique du pouvoir africain authentique.
    Il formalise sur cette base la théorie de l’universisme dont l’enjeu est de conjurer le chaos engendré par le modèle de l’Etat-nation et sa démocratie libérale, présumée à tort, légitime et universelle. Il apparaît urgent, ajoute-t-il, de restructurer les normes et valeurs de l’Afrique profonde.
    Dans le cas contraire, insiste-t-il, le risque est grand d’hypothéquer les chances de survies des jeunes générations en renonçant à la pensée africaine. Cette pensée africaine est, selon lui, la seule susceptible de faire écran au modèle dominant qui, dit-il, aliène, depuis 5 siècles, les intérêts matériels et immatériels du monde noir.
    Le retour à l’authentique société africaine, note Mbog Bassong, signifie de faire des institutions africaines anciennes comme le troc, le tribunal traditionnel et autres, des modèles avancés de notre temps ; de chercher dans les savoirs endogènes ce qu’il y a de théoriquement concevable pour que l’Afrique redevienne à nouveau comme elle était.
    Sur le plan politique, il conseille le modèle africain fondé sur l’initiation pour, dit-il, remplacer la démocratie baulienne. En Afrique, insiste-il, le chef est obligé d’être conforme à la vérité de son peuple. Un Mbogbog, dit-il, ne peut pas travestir les commandements, choisir sa propre constitution ou s’enrichir au dépend de son peuple. Les contre-pouvoirs, selon le penseur, sont programmés de telle sorte que le roi qui n’est pas conforme à son peuple, parte du pouvoir.
    De ce que dit cet érudit, on tire la conclusion que dans le modèle africain, le roi, en réalité, n’est pas le roi. C’est le peuple qui est en fait le roi. D’ailleurs, souligne-t-il, le roi ne prend pas de décision s’il n’a pas consulté tout le monde. Cette organisation politique, soutient Mbog Bassong, ressemble à un universisme (pensée africaine de l’univers) selon lequel, le roi, pour prendre une décision, consulte tout le monde.
    L’authentique société appliquée à la réalité africaine
    Selon Mbog Bassong, il s’agit pour chacun des Africains, dans la communication, la religion, le droit, l’économie, la philosophie, la sociologie etc, de réappréhender et de se réapproprier le modèle africain. Cela signifie qu’il faut recodifier le savoir africain en droit, en politique, en économie, en philosophie et autres disciplines, le mettre à la disposition du système éducatif, afin que, souligne-t-il, « l’apprenant qui finit les études, de l’école primaire à l’université, soit conforme à sa pensée, exactement comme le petit asiatique, le petit arabe ou le petit occidental ».
    Ce n’est qu’en ce moment qu’on peut commencer, selon lui, à se poser des problématiques comme comment battre la Chine, l’Occident et les autres.
    Un professeur de droit, d’économie, de philosophie, de sociologie ou de science politique qui n’enseigne pas le droit, l’économie, la philosophie, la sociologie ou la science politique africain, marque-t-il, ne peut pas faire développer l’Afrique.
    « On ne peut être agrégé de droit et enseigner le droit occidental dans nos universités », regrette l’auteur du livre en question.
    Ce livre de 358 pages sorti en 2012, est de très haute facture en matière d’analyse de la situation actuelle de l’Afrique. Il a le mérite de préparer les jeunes générations à repenser toutes les théories, que ce soit du droit, de l’économie, de la philosophie, de la sociologie, de la religion, de la politique etc.
    Ceci est le 10è numéro de notre rubrique mensuelle ‘Ce que l’école ne nous apprend pas’.
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