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Antonia Dhossa à l’état civil et Miannon Lalissi Sehoundji comme prêtresse Vodoun, est bien connue sur les réseaux sociaux. Bête des scènes et femme de média ayant fait une école de journalisme au Bénin où elle exerce depuis quelques années, cette prêtresse Sakpata Dassaxolou retrace son long chemin semé de véritables embûches.
Invitée sur un média, elle rappelle qu’on n’entre pas dans un couvent sans y être appelé. Et, souligne-t-elle, cet appel est fait sous différentes formes. Souvent, précise-t-elle, certaines personnes subissent des situations de la vie.
« Personnellement, j’ai vécu pas mal de choses. Pour ces personnes qui m’ont vraiment connue il y a 6 ou 7 ans à l’université, dans les bars, un peu partout, c’est que j’entrais en transe. Je vais sur les lieux et je me retrouve après à la maison. Mon papa me disait que je dois limiter certaines sorties », a-t-elle narré.
Tout a donc commencé pour cette dame lorsqu’elle était une jeune fille étudiante. Le plus dur, c’est sur le plan sentimental. Voici ce qu’elle en dit : « Je rencontre un homme, il me couvre de beaucoup de cadeaux et quelques temps après, la personne disparaît sans aucune explication. Ou lorsque je rencontre une personne qui désire vraiment être avec moi, il vient chez moi et c’est l’instant que la divinité choisit pour entrer en moi et j’entre en transe. Quand l’homme voit ça, il s’enfuit ».
Devant cette situation, elle a commencé à poser des questions à ses parents. Son père, un haut dignitaire du Vodoun Sakpata, lui expliqua ce qu’il en était : « Mon père m’a dit qu’il a eu tellement de difficultés à avoir des enfants. C’est grâce aux divinités de mes ancêtres qu’il en a finalement eu. Et beaucoup. Et moi, m’a-t-il dit, je suis destinée à cette divinité ».
En ce moment, la vie s’est compliquée pour Antonia Dhossa. Avec son éducation évangélique, elle se dit que ce qu’on lui propose de faire est diabolique. Mais, les transes et les autres situations de la vie ne s’amenuisaient pas. Elle demanda à rencontrer la divinité en question.
La suite, elle va passer 3 mois au couvent à faire des rituels. Une fois sortie, elle est devenue adepte Vodoun (Vodounsi). Petit à petit, avec l’aide de son père, elle a fini tout le parcours initiatique pour devenir pleinement une prêtresse (Hounon).
« Aujourd’hui, j’ai une satisfaction totale », lance-t-elle à l’envi. A ceux qui lui posent la question de savoir comment elle gère sa vie de journaliste et de prêtresse Vodoun, elle répond toujours que c’est sans complexe, contrainte, ni honte. « C’est tellement facile pour moi de gérer les 2 vies et c’est d’ailleurs une fierté », réplique-t-elle.
Elle est mariée et mère de plusieurs enfants. Cependant, elle reconnaît que lorsqu’elle est devenue Sakpata Hounon, cela n’a pas été facile. « Beaucoup se sont éloignés de moi. Mais avec le temps, face aux réalités, ils sont revenus vers moi », indique-t-elle.
Pour cette journaliste béninoise, en Afrique, on a trop longtemps diabolisé le Vodoun, une richesse du continent. Il est temps que cette mauvaise éducation s’arrête, car, soutient-elle, chaque personne, homme ou femme, en venant dans ce monde, est guidée par un esprit. Et si celui-ci est dominant, le concerné ne peut rien faire d’autre que de répondre à son appel.
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