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Les 3 et 4 février 2026, le Grand Marché de Lomé accueillera une importante activité de sensibilisation et de dépistage gratuit dédiée à la santé des femmes des marchés, à l’initiative de l’association IYAWO, en partenariat avec l’Ambassade de France au Togo, des organisations de la société civile telles que ATBEF TOGO, ONG VISA, AHOME, ainsi que des structures sanitaires partenaires. Cette action s’inscrit dans le cadre de la grande campagne « STOP AUX VIOLENCES – POUR ELLES, AVEC VOUS » (Phase 2) et de la Journée mondiale contre le cancer. Elle vise à rapprocher les services de santé des femmes commerçantes, souvent confrontées à de multiples situations de vulnérabilité.
Véritables piliers de l’économie locale, les femmes des marchés demeurent pourtant exposées à de nombreux risques, notamment les violences basées sur le genre, le stress lié aux charges familiales et professionnelles, ainsi qu’un accès limité aux soins de santé préventifs. L’absence de suivi médical régulier accroît leur exposition à des pathologies graves, dont les cancers féminins, trop souvent diagnostiqués à un stade avancé. Face à cette réalité, IYAWO a fait le choix d’aller directement à la rencontre des femmes, dans leur espace de travail, afin de lever les barrières liées à l’information, au temps et aux moyens financiers.
Durant ces deux journées, les participantes bénéficieront de dépistages gratuits, incluant la prise de la tension artérielle, le contrôle de la glycémie et du poids, la palpation des nodules, le dépistage du cancer du col de l’utérus (frottis), ainsi que des conseils médicaux personnalisés. Des médecins et professionnels de santé de renom, parmi lesquels la Dre Ingrid Kengne, gynécologue, le Dr Damien Kouvahey et le Professeur Bello Moufo, interviendront pour informer, répondre aux préoccupations des femmes et rappeler l’importance du dépistage précoce, principal levier pour réduire la mortalité liée aux cancers féminins.
Au-delà des soins médicaux, l’activité intègre une sensibilisation approfondie sur les droits des femmes et la prévention des violences basées sur le genre. Un dispositif d’écoute, d’identification et d’orientation permettra de repérer les femmes en situation de vulnérabilité et de les mettre en relation avec des services de prise en charge adaptés.
Pour Elisabeth Apampa, Présidente de l’organisation IYAWO et initiatrice du projet « Santé des Femmes », cette action s’inscrit dans un engagement de longue date. « Depuis plusieurs années, je sillonne les villages pour mener des actions de sensibilisation et de santé, principalement auprès des femmes des groupements avec lesquels nous travaillons. Cette fois-ci, avec mon équipe, nous avons fait le choix d’innover et d’élargir notre action aux femmes des marchés. Ce sont elles qui portent nos familles, nos économies et nos communautés. Lors de nos actions précédentes, elles ont exprimé clairement ce besoin. Leur santé et leur sécurité doivent être une priorité nationale. Aller à leur rencontre, dans leur espace de travail, est un acte de justice sociale, de dignité et de reconnaissance. »
Elle souligne par ailleurs que l’actualité récente, marquée par de nombreux décès liés à des cancers diagnostiqués tardivement, a renforcé l’urgence d’agir. « Personne n’est à l’abri, malheureusement. C’est pourquoi nous devons collectivement faire l’effort de nous mobiliser très tôt, dans la prévention, l’information et le dépistage. »
Cette vision est partagée par les experts du domaine médical. Pour Dr Ingrid Kengne, gynécologue obstétricienne, le retard dans la prise en charge reste préoccupant :
« Trop de femmes arrivent encore trop tard à l’hôpital. La sensibilisation massive est indispensable pour provoquer un véritable changement de comportement et encourager les femmes à consulter dès les premiers signes », insiste-t-elle.
Dans la même dynamique, Docteur en médecine, Dr Kangni Atanyigan Ekoué-Kouvahey estime que le moment est décisif :
« Nous sommes aujourd’hui à un carrefour nécessaire. Il faut aller vite vers la prévention, notamment contre le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus. Une bonne hygiène de vie, un suivi régulier et le dépistage peuvent faire la différence », explique-t-il, invitant toutes les femmes et leurs familles à sortir massivement pour se faire dépister.
Le Professeur Bello Moufo estime que « cette action mérite un soutien fort, car elle se situe au croisement de deux enjeux majeurs : la santé publique et les défis de société. Soutenir cette initiative, c’est reconnaître le rôle central des femmes des marchés dans le développement économique et social de notre pays ».
Cette mobilisation se veut collective et inclusive, avec l’appui d’acteurs sanitaires, de bénévoles communautaires et de partenaires institutionnels, dans l’objectif de toucher un large nombre de femmes en deux jours et de renforcer durablement les messages de prévention au sein du Grand Marché de Lomé.
À travers cette initiative, IYAWO invite les femmes des marchés à prendre du temps pour elles-mêmes, à se faire dépister, à s’informer sur leurs droits et à devenir actrices de leur propre santé. Deux jours pour se protéger aujourd’hui et préserver l’avenir de leurs familles et de leurs communautés.
L’activité des 3 et 4 février 2026 s’inscrit enfin dans la continuité d’un programme plus large porté par IYAWO. À cet effet, un tournoi de football de mobilisation contre les violences basées sur le genre est annoncé le 7 février 2026 sur le terrain synthétique 2F de Sanguéra, prolongeant ainsi les actions de sensibilisation auprès des communautés. En mars le forum national WOMEN AND GENDER IMPACT est annoncé avec des actions à Kara, Dapaong et autres. A suivre sur les réseaux sociaux de IYAWO et Elisabeth Apampa.
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