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A Lomé, capitale du Togo, où il était ce dimanche 30 novembre 2025 pour prendre part à une conférence sur la valorisation de la culture africaine, sa Majesté Dah Djomanmounso, un haut dignitaire béninois a lancé un vibrant appel à tous les dirigeants africains. L’Afrique, craint-il, fait face aujourd’hui à un grand danger, celui de la rupture entre les générations.
En effet, soutient-il, l’Afrique connaît une modernisation rapide souvent imposée de l’extérieur et qui a tendance à reléguer l’héritage du continent au rang d’antiquité sans valeur. La jeunesse africaine, poursuit-il, est courtisée par le numérique mais souvent déconnectée de sa mémoire. A tout cela, il ajoute que les institutions traditionnelles sont affaiblies ou incomprises et des savoirs millénaires sont menacés de disparition, faute de transmission structurée.
Pour celui qui se présente comme président du Haut-conseil en charge des valeurs spirituelles au sein du Mouvement international pour la construction des identités collectives des diasporas afro-descendants et des sociétés civiles africaines (MICIC), une organisation qui travaille à la reconstruction et à la consolidation de l’identité collective africaine, il faut faire vite. Du podium du palais des congrès de Lomé, il a lancé un vibrant appel à tous les dirigeants africains pour que soit créée l’Académie de la culture africaine.
Pour lui, toutes les solutions aux problèmes auxquels sont confrontés les Africains, se trouvent dans la culture africaine.
Il explique son idée en partant du fait que les différents peuples apparus et répartis sur la planète terre ont éprouvé 5 besoins fondamentaux : se nourrir, se vêtir, se soigner, se loger et s’instruire. Et chaque peuple a spontanément des mécanismes, des pratiques, des méthodes ou des procédures par lesquels il arrive à satisfaire ces 5 besoins fondamentaux. C’est cet ensemble qui identifie chaque peuple qu’on appelle culture.
Et le développement, a-t-il ajouté, c’est le processus par lequel on arrive à satisfaire les 5 besoins fondamentaux, à les améliorer et à les perfectionner. « Tout développement dont les artéfacts et les créations sont issus d’une autre culture, ne se résume qu’à une dépendance de cette culture », prévient-il, ajoutant que l’Afrique doit sortir son doigt de cet engrenage et baliser son chemin.
Pour ce sachant africain, on dit d’un pays qu’il est développé, lorsque ses habitudes vestimentaires sont les meilleurs et compétitifs, lorsque ses habitudes nutritionnelles et culinaires sont les plus désirées, lorsque ses comportements de soins sont les meilleurs et sont importés par d’autres pays. Un peuple, soutient-il, qui n’est fort que dans la consommation des solutions (vestimentaires, alimentaires, de soins, de logement et d’instruction) venant de la culture étrangère, est un peuple perdu.
L’académie de la culture africaine qu’il appelle de ses vœux, aura pour rôle de consacrer la ressource humaine africaine à la prospection et à l’exploration de la culture africaine pour sortir des inventions qui constitueront des solutions aux différents problèmes que la nature impose.
Pour ce Béninois, le premier et plus précieux des minerais, c’est l’intelligence. Et c’est cette intelligence que le colonisateur a extirpée au niveau de l’Afrique, note-t-il.
« Nos ancêtres, avant même l’avènement des sciences modernes, comprenaient et analysaient les cycles de la nature, ils construisaient des systèmes éducatifs initiatiques fondés sur la discipline, la maîtrise de soi et la connaissance des forces invisibles. Ils ont bâti des méthodes d’organisation politique où la sagesse, la justice et la consultation sont des pierres angulaires de la gouvernance », a-t-il marqué.
Ce patrimoine, conclut-il, n’est pas un passé révolu, mais est un trésor vivant qui n’attend que d’être ravivé, réappris, protégé et transmis.
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