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23 septembre 2009 – 23 septembre 2025. Il y a exactement seize ans, le guide libyen Mouammar Khadafi foulait pour la première et unique fois la tribune de l’Organisation des Nations Unies (ONU), à New York. Son discours restera dans les mémoires : une attaque frontale contre le Conseil de sécurité et la domination des grandes puissances. Sans détour, il dénonçait l’injustice de la colonisation et réclamait que l’Afrique obtienne réparation.
La Libye de Khadafi, un paradis sur terre
Jeune officier arrivé au pouvoir en 1969, Khadafi a transformé un territoire désertique en un État prospère et socialement avancé. Pendant quarante-deux ans, il a mis en place un système envié dans le monde entier : éducation gratuite du primaire à l’université ; un accès garanti à l’eau potable et à la nourriture ; logements et santé assurés pour tous ; un taux d’alphabétisation en hausse constante ; un développement d’infrastructures modernes dans un pays désertique.
Sous son ère, la Libye était un véritable Eldorado pour les Africains et un modèle de développement social. Dans ses réalisations, il a transformé un endroit de son pays qui était un désert en un grand lac.
Mais en 2011, deux ans seulement après son discours à l’ONU, la Libye fut attaquée par l’OTAN sous la houlette des présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy. On reprochait au dirigeant panafricaniste son ambition : créer une monnaie unique africaine adossée à l’or, qui aurait menacé le dollar, l’euro, le franc CFA et mis à mal la domination économique mondiale de l’Occident.
Après Khadafi, le chaos
Depuis son assassinat en 2011, les acquis sociaux se sont effondrés. Le pays, jadis stable et respecté, s’est enfoncé dans un désordre ingérable : groupes armés s’affrontant violemment ; infrastructures détruites ; enlèvements et insécurité généralisée ; division politique sans fin.
La fleur libyenne, patiemment cultivée par Khadafi, est morte avec lui.
16 ans après, l’ONU et son Conseil de sécurité inchangés
Lors de son discours historique, Khadafi avait prévenu : l’Assemblée générale ne sert qu’aux discours. Le Conseil de sécurité, avait-il dit, n’est pas un outil de paix mais un « conseil de terreur » détenu par cinq superpuissances qui imposent leur loi au monde grâce au droit de véto.
Depuis 1945, reprochait-il, l’ONU n’a pas pu empêcher les guerres : 65 conflits avaient déjà éclaté avant 2009, soulignait le guide libyen. La 66ᵉ guerre sera celle menée contre la Libye.
Seize ans plus tard, le constat reste le même : les cinq membres permanents du Conseil de sécurité n’ont pas changé. Le véto continue d’étouffer toute réforme.
L’Afrique, malgré sa démographie et ses richesses, reste non seulement exclue des grandes décisions, mais elle les subit de plein fouet.
Khadafi avait aussi exigé des réparations pour la colonisation : 777.000 milliards de dollars pour l’Afrique. Aujourd’hui encore, cette revendication reste lettre morte, tandis que le continent demeure paradoxalement riche en ressources mais pauvre dans les faits.
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