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Dans la nuit du 21 au 22 août 1791, a commencé à Saint-Domingue (ancien nom de Haïti), une révolte des esclaves marrons qui a conduit à une défaite cuisante des esclavagistes français. Plus de 1000 esclavagistes (chiffre officiel) ont été tués par ces captifs africains qui se sont préparés mystiquement une semaine avant le début de cette révolte.
En effet, dans la nuit du 14 au 15 août 1791, sous la conduite de leur leader du nom de Bookman, les esclaves marrons de plusieurs plantations, nuitamment réunis, ont conclu un pacte de sang, pour se révolter contre les esclavagistes français. L’histoire révèle que c’est une femme, du nom de Manbo Cécile Fatiman, qui a immolé à l’aide d’un couteau un cochon noir dont le sang a servi à ce pacte.
Premier grand soulèvement collectif de Haïti contre l’esclavage, cette cérémonie Vodoun est considéré comme l’acte fondateur de la révolution et de la guerre qui a conduit à l’indépendance de Haïti en 1804.
De la nécessité de lever le ‘syndrome du sauveur blanc’
Il faut dire que cette révolte a conduit à l’arrêt de l’esclavage en Haïti en 1794, soit 10 ans avant la naissance de Victor Schoelcher. Et, même dans les autres colonies françaises. Ce n’est qu’en 1802 que Napoélon Bonaparte a rétabli l’esclavage dans ces colonies.
Dans la tête de presque tous les Africains qui sont allés à l’école et qui ont même fait l’université, c’est M. Schoelcher qui a aboli l’esclavage en 1848. On ne fait jamais allusion au marronage et aux autres formes de résistance des Africains lors de l’esclavage.
En effet, les exemples de résistance des Africains pendant l’esclavage sont légion. Si, à l’école africaine, c’est à peine qu’on parle de la résistance de certains rois – on ajoute que d’autres ont collaboré avec les esclavagistes, sans jamais préciser que ceux-ci ont été placés par ces derniers grâce à la politique du 3è homme -, on ne dit presque jamais que sur le territoire africain, dans les forts où sont gardés les captifs, dans les bateaux pendant la traversée de la mer, dans les plantations où travaillaient les esclaves et même dans les maisons des esclavagistes, partout où besoin était, des hommes et des femmes se sont positionnés en renfort contre l’esclavage.
Le marronage, forme militaire de la résistance des captifs contre l’esclavage, révèle le plus grand marron qui fut une femme. Nanny, c’est son nom, est une Ashanti qui, avant de devenir captive, a eu la chance comme toutes les autres filles Ashanti, d’être formée à l’art de la guerre. Pendant 30 ans, elle a réussi à combattre et à échapper aux esclavagistes britanniques. ‘L’histoire des lions’, un film retrace le parcours d’un chef marron qu’on appelle Pompé. ‘Boni, aux origines d’un peuple’ est le titre de l’ouvrage de Serge Bilé qui parle aussi du marronage d’un guerrier légendaire de Guyane.
Outre le marronage qui est une forme militaire de la résistance contre l’esclavage, il y a eu d’autres formes de résistance notamment le sabotage des plantations, les empoisonnements des esclavagistes, les insurrections frontales et violentes, la résilience, le suicide et la défense du patrimoine culturel.
Tout ceci pour dire que l’esclavage n’a jamais été une promenade de santé pour les esclavagistes.
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