Il est habituel de lire aujourd’hui sur plusieurs canaux d’informations qu’un individu s’est donné la mort ou a donné la mort à un autre ici ou là au Togo. Qu’est-ce qui peut expliquer cette situation alarmante ? Selon les informations, les Togolais sont souffrants sur plusieurs plans. Cette information n’a rien de politique. Les pathologies de santé mentale prennent une ampleur préoccupante.
C’est ce qu’on note à une conférence de presse de Handicap International, au détour d’un atelier organisé en faveur des journalistes sur la santé mentale et le handicap.
Selon Dr Damega Wenkourama, médecin psychiatre addictologue, sur le plan épidémiologique, il n’y a pas de données. Cependant, en tête des facteurs des pathologies de santé mentale au Togo, viennent les troubles de l’humeur encore appelés troubles de la colère. Ce facteur est talonné par les troubles psychotiques ou troubles de la saleté ou du cochon. Viennent en 3ème position, les troubles liées à l’usage des substances psychoactives.
Selon ce médecin, chef du service de psychiatrie au CHU Kara, un autre trouble prend de l’ampleur, notamment la tentative de suicide et le suicide.
« Chaque jour, il y a cela au Togo. Des gens souffrent et leur unique solution, c’est la mort », a-t-il lancé.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de la recrudescence des suicides, selon lui. « Il y a les réseaux sociaux, les Togolais sont souffrants sur plusieurs plans, ça n’a rien de politique. Il y a aussi la vie actuelle sans souffrance où les jeunes n’aiment pas souffrir, ils aiment la facilité. En dernier lieu, la recrudescence des maladies mentales », a-t-il déclaré.
A ces facteurs, s’ajoutent la souffrance collective et la présence de maladies mentales chez certains. D’autres problèmes comme les violences conjugales et les abus sexuels qui prennent de l’ampleur, sont aussi des facteurs de ces troubles.
Pour combattre cette situation sanitaire préoccupante, la question de la santé mentale doit être une priorité, ce qui n’est pas encore le cas. Dans les pays en voie de développement, seulement 2% du budget de la santé et 1% des fonds à l’international sont affectés à la santé mentale.
A cela, il faut ajouter qu’au jour d’aujourd’hui, il n’y a que 5 psychiatres et toutes les régions du Togo ne sont pas couvertes. Si on a réussi à implanter une unité de santé mentale dans chaque région, le personnel reste encore insuffisant.





