Candidat unique désigné par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, Agbéyomé Kodjo dit pourquoi il est le seul habilité à avoir les voix des Togolais pour passer le 22 février 2020. Il s’est aussi ouvertement attaqué au pouvoir et à Faure Gnassingbé, président sortant qui brigue un 4ème mandat à la tête du Togo. Pour lui, à moins d’un tripatouillage des résultats, le ‘champion’ de l’Union pour la République (UNIR) ne peut avoir le suffrage des Togolais. L’ancien Premier ministre de Gnassingbé Eyadéma dit aussi pourquoi Jean-Pierre Fabre, le candidat de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) ne peut parvenir au pouvoir au Togo.
Invité lundi de Rfi, le président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) et ancien baron du régime de Lomé a accusé le pouvoir d’être à la base des incendies des marchés de Lomé et de Kara.
« Toutes les récriminations, souffrances et injustices qu’il y a dans ce pays, Faure Gnassingbé doit être conscient qu’il n’a aucune chance d’avoir les suffrages des Togolais. A moins de passer encore par l’industrie de la fraude. Le régime de Faure Gnassingbé est accusé d’avoir incendié les marchés de Lomé et de Kara, ce qui a provoqué beaucoup de pertes en vies humaines, de détresse dans le pays, de faillites au niveau des commerçants. Par rapport à cet acte criminel, il sera sanctionné dans les urnes et je ne suis pas sûr que les Togolais soient encore disposés à accepter le tripatouillage des résultats pour un 4ème mandat qui est illégitime », a-t-il déclaré.
Pour ce qui concerne Jean-Pierre Fabre, l’ancien Premier ministre dit qu’au Togo, il ne suffit pas d’avoir un encrage certain dans le pays et de gagner les élections. Mais il faut parvenir au fauteuil présidentiel, ce que, selon lui, le candidat de l’ANC n’a pas pu faire aussi bien en 2010 qu’en 2015. Et ce n’est pas en 2020 qu’il ne fera.
« Je considère que Jean-Pierre Fabre aime bien le pays et nous avons des raisons de nous entendre pour réaliser l’alternance en 2020. Il a plus d’encrage dans le pays mais les gens considèrent que par 2 fois il a gagné mais n’a pas pu ramener la victoire au Togo. Il ne suffit pas de gagner, il faut encore parvenir au palais présidentiel. Ce sont les vieilles méthodes de la maison qui font que ce n’est pas forcément le gagnant qui occupe la place », a-t-il souligné.
C’est d’ailleurs pour cette raison, a-t-il insisté, que le peuple veut l’essayer. « Au pays, il y a un enthousiasme autour de ma candidature. Je pars avec la condition de ramener la victoire au peuple togolais au soir du 22 février 2020 », lance-t-il à l’envi.
Pour la gouverne de ceux qui parlent du score qu’il a réalisé à l’élection présidentielle de 2010, l’ancien baron du régime dit que ce sont des chiffres distribués à qui veut en prendre.
« Il ne faut pas se fier aux chiffres de 2010, puisque si nous avons fait 0,9%, il faut interroger le pouvoir pourquoi on nous a proposé 8 portefeuilles. Ce sont des distributions de points, les résultats proclamés sont sujets à caution », a-t-il précisé.
Agbéyomé Kodjo estime qu’il est la seule alternative crédible parmi les 6 candidats de l’opposition qui font face à celui du pouvoir. Pour convaincre, l’homme cite les exemples de plusieurs pays africains qui ont pu réaliser l’alternance. Il dit être le ‘Macky Sall’ du Togo.
« Dans beaucoup de pays, c’est ceux qui ont servi dans l’ancien système qui savent comment ça fonctionne, c’est eux qui sont arrivés au pouvoir dans beaucoup de pays en assurant la transition avec quelque chose de plus nouveau. Je serai proclamé président de la République au Togo », a-t-il rassuré.
Le ‘candidat unique’ de la dynamique Kpodzro donne raison à ceux qui disent que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Cour constitutionnelle sont entre les mains du pouvoir. Mais, selon lui, si on connaît l’histoire politique du Togo, on ne peut jamais se permettre de boycotter les élections.
« Si Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir, c’est à la suite d’un boycott de l’ensemble de l’opposition, ce qui a ouvert un boulevard pour le parti au pouvoir de modifier à sa guise la constitution de 1992 et de ramener l’âge d’éligibilité de 45 à 35 ans. Je suis contre les boycotts. C’est parce que l’opposition a boycotté les dernières élections que le pouvoir s’est donné les moyens de modifier encore la constitution », a-t-il soutenu.
Pour gagner au soir du 22 février, M. Kodjo dit ce qui sera fait pour empêcher le pouvoir de ‘tripatouiller’ les résultats des urnes.
« Nous avons rencontré les 5 ambassadeurs des pays occidentaux pour leur demander d’intervenir au niveau du pouvoir afin qu’un certain nombre de mesures soient prises pour la transparence électorale. Il y a un agenda républicain que nous voulons respecter pour que dans les différents bureaux de vote, nous ayons nos délégués qui puissent nous ramener les procès-verbaux. Nous allons être vigilants là-dessus, nous avons pris toutes les dispositions pour être représentés dans tous les bureaux de vote », a-t-il déclaré.





