48 heures après le passage du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé à Sokodé (337 km au nord de Lomé) et son annonce de la normalisation de la vie dans cette ville, le gouvernement décide de lever la mainmise militaire sur cette ville acquise à la mobilisation de l’opposition.
Le gouvernement va retirer les forces de défense installées à Sokodé mais opte pour une mise en place d’un « plan sentinelle » comme à Lomé pour, dit-il, renforcer la surveillance des lieux publics et sécuriser les marchés.
« Ces mesures d’apaisement viennent compléter la liste de celles qui ont été déjà prises par le gouvernement le 06 novembre 2017 notamment la remise en liberté de quarante-deux (42) personnes interpellées, jugées et condamnées par diverses juridictions dans le cadre des manifestations violentes qui se sont déroulées depuis le 19 août 2017 », indique un communiqué.
C’est une décision qu’il faut saluer même si la mesure qui planait sur cette ville ne se justifiait pas, a déclaré ce mardi Me Raphaël Kpandé-Adzaré, l’un des porte-parole du front citoyen ‘Togo debout’ sur la radio Victoire FM. « On avait porté comme argument que des armes ont disparu à Sokodé, c’est pourquoi on ne pouvait pas manifester ou qu’il fallait éviter certains attroupements à Sokodé. Cependant, Bafilo, Kara et Mango ont subi le même sort alors qu’aucune arme n’avait disparu dans ces villes », a-t-il argumenté.
« La mobilisation paye. Le gouvernement s’est rendu compte que le temps d’une idée est venue, le temps où il faut embrigader les populations et leur faire croire qu’on est seul maître à bord, ce temps est passé. Maintenant, on se rend compte que les Togolais ont décidé », a salué l’avocat.
Cette décision ne suffit pas, a-t-il ajouté. « Il faut permettre aux populations, de jouir de leur civiques et politiques et permettre à la population de Sokodé de manifester », a proposé le défenseur des droits de l’homme.
Autre proposition faite par le président de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) pour une sortie pacifique et une solution durable de la crise sociopolitique togolaise, il faut marquer un arrêt, pour prendre le mal social à la racine.
« L’expression à laquelle nous assistons aujourd’hui, c’est l’expression d’une exaspération, d’une déception et d’une frustration de la gestion calamiteuse des affaires de la cité pendant des années. Le mal social est tellement profond qu’il faut marquer un arrête, rompre avec le système de gouvernance qui conduit aujourd’hui le pays dans la crise et créer une période transitoire qui intervient après une entente entre les acteurs de la crise », relève Me Kpandé-Adzaré.
Pour le responsable du front citoyen, cette période transitoire passe pour être un « passage obligé ». « L’Etat actuel de notre pays nous montre que c’est une solution naturelle au cours de laquelle il faut mettre sur pied les autres réformes politiques avant d’aller aux élections », pense le défenseur des droits de l’homme.





