Pa Augustino de Souza doit se retourner dans sa tombe. Plus de 60 ans après sa mort, sa succession se déchire autour de l’important patrimoine qu’il a laissé. Un patrimoine qu’on estime à plusieurs milliards de francs CFA. Un de ses arrière-petits-fils a mis à nu l’imbroglio juridico-familial dans lequel la famille est plongée, au détriment du partage des biens décidé par la justice depuis plus de 20 ans.
Georges Komivi Kavegue, c’est son nom, s’est confié mercredi à la presse à Lomé. Selon ce représentant de la lignée d’Elisabeth Ablawagan de Souza, fille de l’aïeul, celui-ci mort depuis 1960, a laissé derrière lui d’énormes biens qui doivent être équitablement partagé entre les membres de la succession. Mais, soutient-il, un groupuscule de successeurs jouissent des biens et en font siens.
Et lorsque la justice a été saisie et que le droit a été dit il y a plus de 20 ans, poursuit-il, ces personnes acceptent le partage mais ne veulent pas rendre compte de ce qu’ils ont pris sur eux. Ils exigent que le reste soit partagé équitablement mais l’autre partie estime que cela ne peut être fait ainsi parce que la loi l’interdit. Selon lui, les autres ne demandent qu’une chose à la justice : l’application stricte de la loi en matière de liquidation de succession au Togo. Mis, c’est peine perdue.
« C’est avant tout un problème familial. Certains membres de la famille en collision avec des notaires et la corruption de quelques juges, empêchent l’application de la loi. Ni l’Etat, ni le gouvernement ne profitent de ça, la politique n’a rien à voir avec ce problème qui se pose à nous. Ce sont mes oncles et mes tantes qui ont décidé de prendre des biens qui ne leur appartiennent pas, acte pour lequel ils ont été condamnés pas la justice, une décision contre laquelle ils n’ont jamais interjeté appel ou formé de pourvoi en cassation mais continuent d’agir de façon à ce que le partage ne puisse pas se faire », a-t-il déclaré.
Georges Kavegue explique pourquoi sa lignée a décidé de faire connaître l’épineux problème familial de l’opinion.
« Quand on a le sentiment que malgré les efforts communs pour faire comprendre à ses propres frères ce qui n’est pas bien pour faire les choses de manière équitable et égale. Quand on se heurte à des difficultés où on prend un avocat et que malgré le fait de choisir un ou plusieurs avocats, on n’arrive toujours pas à obtenir les solutions justes, on se dit à un moment donné que ce qui reste, c’est la pression populaire », a-t-il lancé.
L’arrière-petit-fils de Pa Augustino de Souza dit avoir des cousins qui sont aujourd’hui des locataires alors qu’ils sont co-indivisaires d’une succession évaluée à plusieurs milliards de francs CFA. Par cette action médiatique, M. Kavegue compte pointer du doigt les juges et les notaires qui pensent qu’ils sont au-dessus des lois et que personne ne peut rien leur faire.
« Des décisions iniques sont prises dans les bureaux et après, plus personne ne sait ce qu’il se passe. Les justiciables subissent les conséquences. S’il n’y a pas de parents qui ont décidé de garder tout ou partie des biens pour eux et rien pour les autres, ceux-ci n’auraient pas esté en justice. Si le juge s’est dit qu’il était là juste pour dire le droit, on ne serait arrivé là », a-t-il regretté.
Les seuls biens au grand marché de Lomé de l’aïeul (des boutiques) s’élève à plus des milliards de francs CFA.
Pa Augustino de Souza, ce Togolais considéré comme l’autre père de l’indépendance au Togo, est issu de la bourgeoisie foncière et commerçante afro-brésilienne.







