La problématique des violences policières est au cœur jeudi à Lomé d’une rencontre d’échanges. Officiers de l’armée, de la gendarmerie, des commissaires de police et des acteurs la société civile échangent à cœur ouvert sur ce sujet préoccupant. Une rencontre organisée par le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le ministère togolais en charge des droits de l’homme.
En plantant le décor, le président du CACIT a rappelé qu’en juillet 2019, les experts du Comité contre la torture ont fait part de leur préoccupation quant aux allégations de torture et de mauvais traitements en détention. Selon Me Claude Amegan, plusieurs allégations de violation des droits de l’homme ont été révélées lors du couvre-feu instauré avec la survenance de la pandémie de Covid-19.
« Face à ces constats, les organisateurs ont initié cette présente rencontre afin de s’engager de plus pour faire du Togo une vitrine pour le respect des droits de l’homme à travers la mise en œuvre des recommandations du Comité contre la torture. A travers les échanges, on entend partager des informations et débattre sur les violences extra carcérales et de trouver ensemble des solutions adaptées pour l’amélioration de la situation des droits de l’homme », a-t-il ajouté.
Pour l’Union européenne (UE) qui a financé cette rencontre, l’usage excessif de la force et la prévention des violences policières est une question sensible dans beaucoup de pays en Europe, en Amérique du nord, en Asie ou en Afrique.
« Il faut avoir du courage pour en parler, avec les principaux acteurs pour étudier les pistes pouvant nous permettre d’endiguer ce phénomène. L’UE est convaincue qu’un dialogue sur le sujet est primordial pour permettre une compréhension commune et construire une confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre », a lancé Hugo van Tilborg, chef de coopération auprès de la délégation de l’UE au Togo.
Au lancement de cette rencontre, le représentant du ministre de la sécurité et de la protection civile a avancé ce qui suit : « s’il est admis que partout dans le monde et presque très souvent que les forces de sécurité font un usage excessif de la force lors des manifestations, maltraitent les prévenus, se rendent coupables de manquements, il faut tout de même admettre que l’accomplissement de leur mission qui les place au cœur de la vie quotidienne des populations, est redoutablement difficile. Ils côtoient la violence et parfois l’horreur de certains crimes et endurent l’hostilité, la malveillance, les manifestations de colère ou de rejet violentes ».
Ouvrant cette rencontre, le Secrétaire général du ministère des droits de l’homme a fait savoir que les forces de sécurité et de l’ordre peuvent recourir à la force publique mais ce recours n’est autorisé que s’il respecte les principes de légitimité, de nécessité, de proportionnalité et de précaution.
« En dépit des progrès remarquables enregistrés par notre pays en matière de promotion et de protection des droits de l’homme, des défis restent encore à relever. Cette rencontre se veut un cadre d’échanges et de partage, avec pour objectif de contribuer à mettre en œuvre les recommandations du Comité contre la torture en posant les bases d’un dialogue entre la société civile et les forces de sécurité sur la problématique des violences dans le cadre du maintien de l’ordre », a-t-il noté.
Il s’agira, pendant les 2 jours que va durer cette rencontre, de renforcer les capacités des forces de l’ordre et de sécurité aux principes basés sur les droits de l’homme, la démocratie et la paix pour un accomplissement de leurs missions. L’ambition, c’est que les participants sortent de ce rendez-vous suffisamment outillés aux défis auxquels nous sommes confrontés, a-t-on souligné.





