Au sein de la CEDEAO, des organisations paysannes gèrent 30% des magasins de stockages de produits vivriers qui entrent dans le cadre des crises alimentaires répétées au niveau de certains pays de la sous-région. Comment faire en sorte que ces magasins proposent des produits de qualité et qui respectent les normes de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA) ?
Il faut passer par le renforcement des capacités des magasiniers et des gérants de ces magasins qui ne sont pas nécessairement des connaisseurs de la chose, propose le Réseau des organisations paysannes et des producteurs de l’Afrique de l’ouest (ROPPA). A ce titre, 25 gestionnaires de magasin se font former depuis mercredi à la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) à Lomé sur les thématiques en lien avec la gestion des stocks, le SIM Agri et la cartographie.
« Les pays de la CEDEAO, suite aux crises alimentaires répétées au niveau de certains pays, ont pensé à la mise en place de l’ARAA. Cette agence fait des réserves de stocks aux fins de secourir les pays qui seront en crise par la fourniture de ces stocks. Mais on se rend compte que la gestion même de ces stocks pose problème dans la mesure où les opérateurs économiques et les institutions de l’Etat sont les acteurs de la fourniture de ces stocks. Or les producteurs, avec leurs organisations, se trouvent marginalisés. Il faut donc renforcer les capacités de ces magasins de proximité sur les outils de gestion, la tenue des cahiers, la gestion et l’hygiène des stocks et sur comment maintenir la qualité », a déclaré Olou Adara, président de la CTOP.
Selon Bronkom Kpakpabia, point focal de CTOP pour ce projet, cette formation de 4 jours contribuera à ce que les gérants de magasins des organisations agricoles aient suffisamment de moyens en matière de la cartographie de leurs magasins, pour permettre à ce que tous les magasiniers d’une manière pérenne, mettre à disposition de l’ARAA les informations sur les magasins qu’ils gèrent.
« Il faut qu’on sache par trimestre les spéculations qui sont stockées à leur niveau et à quel prix. Comme cela, à tout moment, on peut leur faire appel pour résoudre un problème d’insécurité alimentaire dans un autre pays de la CEDEAO », a-t-il ajouté.
Ce renforcement de capacités, a-t-il souligné, permettra également d’assurer le renforcement de capacités en gestion des stocks et de magasins. « La plupart des coopératives choisissent des magasiniers ou gérants sans forcément les accompagner de renforcement de capacités. Cette formation vient pallier ce problème pour que les magasiniers ou gestionnaires de magasins puissent avoir des outils, que ce soit en matière de gestion comptable, technique ou administrative pour leur permettre d’assurer la gestion des magasins », a-t-il lancé.
La formation des participants se fait par Afrique verte Burkina Faso.
« Nous sommes là pour partager un peu notre expérience dans l’utilisation du Système d’information des marchés (SIM Agri), une plateforme conçue et gérée par Afrique verte et qui est en train d’être partagée dans tous les 7 pays concernés par ce programme. Cela leur permettra de mettre à la disposition de la sous-région la disponibilité de leurs stocks, la position de leurs magasins et arriver à trouver des débouchés dans la production céréalière », a marqué Sirile Sawadogo, agent à Afrique verte.
SIM Agri, a-t-il soutenu, donne l’information du marché, notamment les prix, les offres, le vendeur, l’acheteur. C’est une plateforme qui partage et distribue les informations relatives aux achats, aux ventes et aux prix.
Ce projet dénommé « renforcement des capacités des réseaux régionaux d’organisations paysannes dans le domaine du stockage de proximité » est en cours d’exécution dans 7 pays, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Gambie, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.





