dimanche, octobre 11, 2026
2webbannerbon
2cdksecubon
previous arrow
next arrow
More

    Togo : des réfugiées brisent le silence sur les violences

    - Advertisement -
    - Advertisement -
    - Advertisement -
    - Advertisement -

    Plusieurs personnes dont la plupart sont des victimes de violence sexuelle et sexiste (SGBV) ont pris part lundi à Lomé à une causerie éducative dans le cadre de la campagne internationale annuelle dénommée ‘16 jours d’activisme’. L’initiative est de Green Village Foundation (GVF) en collaboration avec le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) au Togo.

    Il s’agit, selon les organisateurs, de créer un cadre de discussion pour amener les victimes SGBV à briser le silence aux fins de les mettre en confiance, de les informer sur les concepts de violence et de violences faites aux femmes et surtout d’aborder les conséquences de ces violences sur eux et leur entourage.

    A l’occasion, plusieurs réfugiées se sont confiées à la presse.

    « Une femme réfugiée qui vient dans un pays, qui ne connaît personne et n’a pas d’aide est encore plus vulnérable et elle perd confiance. Quand cette femme rencontre des personnes qui ne sont pas bien intentionnées, elle se retrouve dans un cas de violence. Il y en a ici qui faute de moyen pour se louer un lieu ou pour s’assumer physiquement, sont obligées de coucher avec des gens, elles sont sujettes à de violences physiques mais qui ne peuvent pas élever la voix pour parler. Elles sont obligées de donner leur corps et de tout donner, ce qui fait d’elles des femmes brisées. D’autres encore, pour avoir du boulot, sont obligées de coucher avec des gens. Elles deviennent du coup un objet sexuel », a raconté une réfugiée ivoirienne qui vit au Togo depuis 2011.

    Une autre, réfugiée centrafricaine a plutôt abordé la question de la violence faite sur les enfants. « Des femmes parmi nous ont eu des relations sexuelles d’où sont sortis des enfants. Mais c’est un peu difficile pour qu’on puisse canaliser ces enfants. Et d’autre part, d’autres qui viennent avec des enfants mais n’ont pas les moyens pour subvenir à leurs besoins, leurs enfants deviennent des délinquants. A tout cela, il faut ajouter les problèmes de drogue et de prostitution et l’éducation des enfants n’est plus encore ça », a-t-elle précisé.

    Pour Monique Edoh Atayi, chef bureau UNHCR au Togo, l’intervention de son institution dans l’activité du jour se justifie par plusieurs motifs. « La violence sur le genre est phénomène qui gangrène notre société. Nous intervenons dans l’assistance et la protection internationale des réfugiés. Et quand on dit réfugié, cela veut dire qu’il y a eu un problème quelque part qui a fait partir des gens d’un pays pour un autre pays. L’une des causes de violence, c’est ce genre de situation », a-t-elle lancé.

    Pour Dr Theophilus Vodounou, président de l’ONG Green Village Foundation, trop c’est trop. « Depuis des siècles, ce sont les femmes qui sont traumatisées et qui n’ont pas été respectées dans toutes les couches sociales, ceci, par leur propre mari, leurs parents. Nous sommes révoltés. Cette année, nous sommes plus agressifs », a-t-il proféré.

    Les chiffres relatifs aux violences sont alarmants. En général, la femme est sujette à beaucoup de cas de violence. Cette violence peut être psychologique, physique, morale, économique et sexuelle. Selon les Nations Unies, une femme sur 3 est victime de violence physique ou sexuelle dans sa vie, environ 750 millions d’enfants sont mariées avant l’âge de 18 ans. 200 millions de femmes subissent des mutilations génitales, ½ est tuée par son partenaire ou un membre de sa famille. Plus de 70% des victimes de la traite humaine sont des femmes et des filles dont la plupart sont victimes d’exploitation sexuelle.

    Au Togo, souligne M. Vodounou, selon les résultats d’une étude publiée dans un journal en 2013 révèlent que chez les filles âgées de 9 à 19 ans, il y a 63% de violence physique, 92% de violences psycho-morales, 7% de violence sexuelle. Le harcèlement sexuel par les amis de la famille (52%), les enseignants (40%), les camarades (32%) et 7% de viol par le père biologique. L’école, souligne l’étude, est le lieu où les filles subissent plus de violence physique (74%). Pendant ce temps, les sensibilisations sur les dispositifs juridiques des violences basées sur le genre restent encore faibles. « C’est pourquoi nous devons intensifier la sensibilisation sans attendre les mois de novembre et décembre », a-t-il ajouté.

    - Advertisement -

    ARTICLES RÉCENTS

    Latest Posts

    9tecno2bon
    9tecno3bon
    previous arrow
    next arrow