Le projet de protection des enfants migrants le long du corridor Abidjan-Lagos (CORAL) fait encore parler de lui. Ce projet mis en œuvre dans 5 pays notamment la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria dispose désormais de supports de communication réalisés par Terre des hommes (Tdh), le Mouvement des enfants et jeunes travailleurs et ENDA jeunesse. L’objectif, c’est entre autres de renforcer la sensibilisation sur les différentes dimensions de la mobilité des enfants, ses causes, ses effets sur l’enfant, ses risques et les réponses appropriées pour accompagner et protéger les enfants concernés.
Ces supports, au total 3, ont été lancés mercredi à Lomé, en présence de plusieurs acteurs de protection de l’enfant. Il s’agit d’un web documentaire dénommé ‘le petit migrant’ qui décrit la situation des enfants migrants et leurs vécus, un sketch visuel en français et en langue locale qui met l’accent sur l’accompagnement protecteur des enfants et une série télévisée qui porte sur les risques et les opportunités liés à la migration des enfants.
« Ces outils peuvent être utilisés par tous les acteurs de protection de l’enfant. Le projet CORAL ne couvre pas tout le territoire mais pour avoir plus d’impact, nous devons travailler en synergie. Nous n’avons pas produit ces outils pour les enfermer dans nos bureaux mais pour les utiliser avec tous les acteurs à travers la vulgarisation et la large diffusion », a déclaré Yawo ETSE, chef bureau Tdh au Togo.
Au cours de leurs parcours migratoires, a-t-il souligné, les enfants migrants sont vulnérables et peuvent être exposés à des abus, à l’exploitation, à la coercition, à la traite, à la violence, à la délinquance et à l’extrémisme violent.
Certaines de leurs difficultés peuvent être liées à l’accès aux services sociaux de basez dans leur environnement d’accueil à cause de leur statut et ne peuvent pas toujours saisir les opportunités de développement qui existent dans leur environnement.
Pour Emilie SAMBOE, chargée de communication et plaidoyer à Tdh Togo, les défis qui restent encore à lever au Togo dans ce domaine de la migration des enfants sont énormes et couvrent aussi bien les accords inter-Etats, les plans national et communautaire.
« Il va falloir des accords inter-Etats pour une meilleure protection des enfants. Le code de l’enfant au niveau national n’a pas pris en compte la question des enfants migrants au niveau local, les actions doivent être faites en amont et en aval. Les communes doivent intégrer les besoins liés à la protection de l’enfant migrant dans leur plan d’action et dans leur budget. Un plaidoyer a commencé depuis 2017 dans ce sens dans les localités couvertes par le projet CORAL, notamment Lomé, Aného, Vogan et Kévé. Maintenant que nous avons les élections locales, il va falloir définir une note stratégique pour poursuivre ce plaidoyer sur toute l’étendue du territoire », a-t-elle indiqué.
Aux termes de 2 ans de mise en œuvre, le projet CORAL a enregistré dans les 5 pays 22.014 enfants concernés par la mobilité dont 11.161 garçons et 10.853 filles sur les 25.000 prévus pour les 3 ans.





