Comme programmé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les bureaux de vote sont ouverts dimanche pour le compte des élections locales au Togo. Un petit tour dans quelques centres de vote entre 8 et 10 heures, montrent que les électeurs font le déplacement à compte-goutte. Pas d’affluence pour le moment.
A l’EPP Aniko Palako, à l’EPL Sainte Famille et au lycée de Tokoin Est à Nukafu et à l’EPP Wuiti Atchati, tous ces centres dans la commune de Golfe 2, pas une seule queue de votants. Les rares électeurs qui viennent, après avoir retrouvé leur bureau de vote, passent directement accomplir leur devoir. Il faut peut-être attendre la mi-journée pour voir de l’affluence.
Le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé dans un message sur sa page Facebook, donne le ton. « Les élections municipales de ce jour auxquelles je vous exhorte à participer massivement, pour un choix libre, parachèvent un long processus de décentralisation mené avec rigueur et marquent une avancée majeure dans l’enracinement de la démocratie sur notre Denyigban », lance-t-il.
Pendant ce temps, deux organisations de la société civile togolaise (OSC) n’ont pas pu avoir l’accréditation pour observer ces élections locales, les premières depuis plus de 30 ans. Il s’agit de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Togo (ACAT Togo) qui collabore sur le coup avec la Concertation nationale de la société civile (CNSC) et la Conférence épiscopale nationale justice et paix (CENJP), une organisation émanant de l’église catholique.
Dans un courrier adressé au président de la CENI, le ministre de la décentralisation, Payadowa Boukpessi dit émettre des doutes sur les sources de financement et les positions publiques affichées par les dirigeants de ces OSC puis conclut qu’elles ne sont pas neutres.
« Au-delà du doute sur leurs sources de financement qui permettent à des associations de mobiliser à elles seules 5.0500 observateurs, il convient de rappeler que les dirigeants desdites associations ont toujours affiché une position partisane au cours des débats sur différentes questions d’intérêt national », écrit le ministre.
Contacté par téléphone par Global Actu, le président de l’ACAT Togo, Bruno Haden a fait savoir que son organisation n’a jamais émis des positions pouvant permettre à l’autorité de déduire sa non-neutralité. Il ajoute que l’ACAT Togo est une organisation respectable. Il se dit choqué du fait que c’est sur les réseaux sociaux qu’ils apprennent que l’accréditation relative à l’observation des élections municipales ne leur sera pas accordée.
A la CENJP, on se dit consterné, surpris et indigné par la réponse du ministre de la décentralisation. Dans son communiqué, cette organisation dit explorer toutes les voies légales pour clarifier cette mesure qu’elle qualifie d’ « injuste ».
Pour information, les opérations de vote prennent fin à 16 heures sur toutes l’étendue du territoire national. Elles laisseront la place au dépouillement.





