Intervenant vendredi sur une radio de la place, Séna Alipui a frappé fort. ‘S’il ne dépendait que de moi, il n’y aurait pas de manifestations de rue ou les manifestations de rue auraient lieu dans un endroit fermé’, a déclaré le président du groupe parlementaire UFC, l’actuel plus grand parti politique de l’opposition parlementaire depuis les élections législatives du 20 décembre 2018.
Le collaborateur du chef de file de l’opposition, Gilchrist Olympio demande alors à ceux qui veulent manifester tous les jours de la semaine d’être patients. Si c’est l’alternance qu’ils veulent, rassure-t-il, cela n’arrivera pas en marchant.
« C’est dans les urnes que nous l’aurons. Nous devons mettre nos efforts dans la surveillance des mécanismes électoraux pour savoir ce qui se passe dans les bureaux de vote et pour éviter les bourrages d’urnes, pour qu’on ait pour une fois une élection consensuelle et suffisamment propre et que tout le monde en accepte les résultats », propose vendredi sur la radio Nana FM cet acteur politique foncièrement contre les manifestations de rue.
Pour ce cadre du parti politique qui se dit le plus vieux au Togo et qui est à même de donner des conseils aux uns et aux autres, la rue ne mènera nulle part. Et pour le prouver, il estime que si par un ‘heureux hasard’ ou par ‘malheur’ la rue arrivait à déstabiliser les institutions de la République, ce sont les Forces armées togolaises (FAT), ‘colonne vertébrale de notre République’, a-t-il précisé, qui prendraient le pouvoir.
« Il n’y a pas un seul parmi les manifestants qui va quitter la rue pour prendre le pouvoir. Il faut arrêter de rêver debout », a-t-il conseillé.
L’opposant ne trouve pas sérieux qu’on manifeste pour demander le départ de Claude Leroy, le sélectionneur des Eperviers du Togo. « Si on ne sait pas jouer, ce n’est pas sa faute. Il a aidé des gens à prendre la CAN. Il a une grande expérience », a-t-il dit.
Pour lui, ce qui arrive aujourd’hui au Parti national panafricain (PNP), le parti instigateur du 19 août 2017, (arrestation et incarcération des cadres dudit parti, ndlr), est un peu ‘sévère’ et ‘injuste’ mais il pense qu’en août 2017, ce sont des institutions que ce parti a essayé de renverser.
Sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles
Parlant des réformes constitutionnelles et institutionnelles dont les travaux se font en commission des lois, le patron de l’opposition parlementaire tente de rassurer les Togolais que le texte final qui va sortir, va recueillir l’assentiment d’une grande majorité des Togolais, si, a-t-il souligné, il n’y a pas de revirement de dernière minute.
« La majorité parlementaire nous surprend par sa capacité à accepter des compromis et à tenir compte de tous les différents bruits qui se font à gauche et à droite. Je tiens à rassurer tout le monde, nous ferons les réformes, deux tours, mandat renouvelable une fois », a-t-il relevé.
Répondant à la coalition des partis qui a fait sortir un communiqué pour demander que les députés tiennent compte des travaux faits par l’expert constitutionnaliste sénégalais, lors de la crise, M. Alipui estime que le Togo est un pays souverain et M. Fall, l’expert, n’est pas Togolais,
« Il n’est pas au-dessus de la Constitution togolaise. C’est un expert et les experts n’ont pas vocation à proposer des projets de loi. Son travail est d’ailleurs truffé d’erreurs. Il a travaillé de bonne foi mais il y a des choses de base que tout Togolais sait et que lui ne savait pas et qui ont impacté son travail. Nous tenons compte du travail de M. Fall mais ce qui est plus important que son travail, c’est le point 38 de la feuille de route. L’intérêt et la stabilité d’un pays sont plus importants que l’avis d’un expert », a-t-il marqué.





