L’interdiction par l’autorité de la première conférence de presse organisée par le mouvement des forces vives ‘Espérance pour le Togo’ pour cause de non information de l’autorité, fait grincer des dents, surtout que cela intervient juste au lendemain des élections législatives du 20 décembre 2018 boycottées par la principale force de l’opposition qui se trouve être la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise et remportées par le régime en place.
Nathaniel Olympio, président par intérim du Parti des Togolais, parti membre de cette coalition, pense que cette interdiction est une conséquence logique du ‘permis de tuer’ que la CEDEAO, l’organisation communautaire qui a facilité la crise sociopolitique togolaise, a délivré au régime de Faure Gnassingbé, en cautionnant l’élection qu’il a organisée de manière unilatérale.
« Nous entrons dans une phase où les dérives de l’autorité publique vont être beaucoup plus accentuées parce qu’elle se sent maintenant en roue libre, libérée de toute contrainte extérieure et de toute surveillance. La CEDEAO a délivré un permis de tuer au régime de Faure Gnassingbé, elle a ouvert les portes de toutes les dérives à ce régime », a-t-il relevé.
C’est ce qui fait, selon lui, que les libertés les plus basiques, à savoir de communiquer, d’organiser des rencontres avec la presse qui est ‘acte routinier’ ne relevant pas d’une nécessité d’information de l’autorité publique, entrent dans le cadre de contrôle. Et pourtant, depuis août 2017 que la crise a commencé, assure-t-il, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition n’a jamais informé l’autorité sur ses rencontres avec la presse.
Cet acteur politique de l’opposition n’y va pas du dos de la cuillère pour condamner cette attitude de l’organisation sous régionale. Par son cautionnement de tout ce que fait le régime en place, la CEDEAO a oublié sa propre feuille de route et ses engagements qui consistaient à faire des réformes, à libérer les prisonniers politiques et à faire des élections consensuelles au Togo.
« De tout cela, rien n’a été fait », a-t-il regretté, tout en promettant que le peuple togolais ne se laissera pas faire.
« Nous entrons dans une autre phase de la crise, les Togolais ne compterons que sur eux-mêmes. Et la CEDEAO aura beaucoup de mal à se crédibiliser de nouveau devant le peuple togolais parce que ce n’est pas la première fois qu’elle se comporte ainsi », a-t-il prévenu.
Pour lui, ce comportement d’une CEDEAO qui devrait apporter des solutions aux crises, rime avec un mépris du peuple togolais et un piétinement de ses droits.





