jeudi, octobre 8, 2026
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    Togo-élections : la situation se complique avec des morts par balles lors des manifestations  

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    La situation que craignent et prévoient beaucoup d’analystes au Togo a malheureusement survenu. Déjà ce samedi, premier des 10 jours de manifestations de rue que compte tenir la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise, malgré l’interdiction gouvernementale, pour faire échec au processus électoral en cours et devant conduire à des élections législatives le 20 décembre prochain, on dénombre des morts par balles à Lomé, des blessés et beaucoup de dégâts matériels dans la capitale et à Sokodé, Tchamba et Bafilo.

    Alors que Damehame Yark, le ministre de la Sécurité et de la protection civile parle de deux personnes tuées, dont un enfant d’à peine 11 ans par des individus à bord d’un véhicule non immatriculé, Brigitte Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de la coalition des 14, signale 3 morts et accuse des militaires qui sont envoyés pour réprimer les manifestants.  

    Il faut signaler que les manifestations pour exiger le report des élections législatives du 20 décembre ont commencé ce samedi à Bafilo (395 km au nord de Lomé). D’autres villes comme Tchamba et Sokodé sont entrées dans la danse. Lomé se fera signaler plus tard, notamment Agoè-Zongo, Bè, Agbalépédo et Kégué.

    Les forces de l’ordre ont usé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Des courses-poursuites ne sont pas en reste. Pour contrer les forces de l’ordre, les manifestants ont brûlé des pneus et usé des cailloux et barrer des voies. Malheureusement, à Agoè- Zongo et Togblékopé, des personnes vont perdre la vie par balle, dont un enfant.

    A Sokodé (337 km au nord de Lomé), un meeting du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR) en campagne électorale a fait les frais de cette escalade. Des véhicules ont été caillassés.  

    Intervenant sur BBC, la coordinatrice de la coalition a affirmé que cette manifestation ne devrait pas être interdite.

    « C’est de l’arbitraire. C’est une manifestation programmée par des partis politiques légalement constitués qui ont le droit, selon le code électoral, de faire campagne. Nous pouvons faire campagne sous la forme que nous voulons. Et même si nous sommes contre le principe d’aller à ces élections, nous disons que c’est notre droit en démocratie d’organiser une campagne pour faire passer le message que nous voulons », a-t-elle déclaré.

    Après avoir promis que les auteurs de ces ‘tueries’ payeront le moment venu pour les actes qu’ils ont posés, la secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) fait savoir qu’il n’est pas question d’arrêter les manifestations tant que le processus électoral en cours n’est pas suspendu. « Nous irons jusqu’au bout », a-t-elle ajouté.

    Mis à part la réaction du ministre de la sécurité pour situer l’opinion sur l’origine des tirs à balles réelles, le gouvernement n’a pas encore officiellement réagi.

    Il faut dire que  cette situation était prévisible. Depuis des semaines, des groupes organisés montent au créneau pour demander que les élections législatives du 20 décembre 2018 soient reportées. Tous font état de la gravité de la situation et des conséquences possibles qui peuvent en découler. Au nombre des organisations, on peut compter l’église catholique, l’église presbytérienne, l’église méthodiste et l’Association des cadres musulmans du Togo.

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