A la suite de la Conférence des évêques du Togo, des églises presbytérienne et méthodiste, ce sont les cadres musulmans qui montent au créneau pour exiger du gouvernement togolais, le report des élections législatives du 20 décembre 2018.
L’Association des cadres musulmans du Togo (ACMT) estime que ces élections maintenues sur la date du 20 décembre 2018, est venue envenimer une situation déjà ‘très critique’. Et la situation fait tellement peur que, souligne l’association dans une déclaration, regarder sans rien faire ou sans rien dire dans une telle situation, serait synonyme d’approbation.
« Notre foi islamique ne nous permet pas quand nous sommes dans un même navire, qui est ici le Togo, de rester indifférents quand certains passagers veulent le faire chavirer », écrit le président national de cette organisation qui dit ne pas pouvoir se taire, ni devant Dieu, ni devant l’histoire.
Selon les responsables de cette association, la religion musulmane enseigne de ne pas réveiller la ‘fitna’, mot arabe qui signifie ‘troubles’. « Quand elle survient, elle ne se limite pas seulement à la tête des protagonistes, mais à toute la population », indique le document.
A l’opposition togolaise, l’association musulmane demande de ne pas réduire simplement la crise sociopolitique actuelle à un simple changement de régime.
« Cette crise est bien plus profonde. Les Togolais veulent sortir définitivement de ces séries de crises macabres dont le nombre exact de morts, de blessés, de destruction de biens n’est pas connu », lance-t-elle ajoutant qu’il est temps que les Togolais vivent en espérant des lendemains meilleurs parce qu’ayant devant eux un pouvoir et une opposition responsables qui mettent en avant les intérêts du peuple togolais au nom duquel ils s’expriment et non des intérêts de personnes ou de groupes de personnes.
A la communauté internationale, l’ACMT fait savoir que le Togo traverse une situation de ‘risques très élevés’ et il importe qu’elle se prononce pour la seule chose évidente : le report des élections législatives du 20 décembre 2018.
L’ACMT n’oublie pas les facilitateurs de la crise togolaise que sont les présidents ghanéen, Nana Akufo-Addo et guinéen, Alpha Condé. Elle fait observer aux deux chefs d’Etat que la médiation de la CEDEAO, si elle a rendu possible le dialogue, n’a pas encore résolu le problème lui-même.
Pire, note-t-elle, ces élections maintenues sur le 20 décembre compliquent la situation.
« Nous prions, d’un cri de cœur, les chefs d’Etats du Ghana et de la Guinée en leur qualité de facilitateurs, d’œuvrer inlassablement et dans l’urgence pour stopper l’hémorragie, en faisant recours à tous les canaux diplomatiques, pour exhorter les parties prenantes de la crise togolaise, à sauver la barque qui est sur le point de chavirer », écrit l’ACMT.
Pour les cadres musulmans, beaucoup de Togolais, à cause de cette crise qui dure depuis plus d’un an, subissent des conséquences ‘désastreuses’ à travers une limitation des mouvements dans leurs localités avec des villes assiégées, une activité économique en veille à travers des marches répétées, une angoisse pour les enfants partis à l’école ou le traumatisme psychologique dont fait l’objet la population.





